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Face au risque de bulle immobilière, les banques néerlandaises devront augmenter leurs réserves

bulle qui explose
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La banque centrale des Pays-Bas compte demander aux banques du pays d'augmenter leurs réserves de capital de trois milliards d'euros pour parer à un éventuel retournement du marché immobilier, selon une note publiée lundi par l'Autorite bancaire européenne (ABE).

Chargée notamment de veiller à la coordination réglementaire des établissements bancaires européens, l'institution dit ne pas s'opposer à cette mesure proposée par la banque centrale néerlandaise (De Nederlandsche Bank - DNB), inquiète d'un risque d'éclatement de bulle du marché immobilier local.

Cette disposition, qui devrait coûter trois milliards d'euros de capital supplémentaire au secteur bancaire néerlandais, « vise à renforcer (sa) résistance » en cas d'un « ralentissement sévère du marché immobilier résidentiel », explique l'ABE dans un communiqué.

A l'origine de cette inquiétude, une hausse ininterrompue des prix des logements. Uniquement sur ces trois dernières années, les prix des logements ont augmenté d'environ 8% par an, dépassant de 17% le record précédemment atteint en 2008 dans les principales villes du pays, est-il expliqué dans une note de l'ABE envoyée à Bruxelles et à la DNB.

Concrètement, la banque centrale néerlandaise compte imposer aux banques ayant leurs propres modèles de calcul du risque un niveau plancher de capitaux plus élevé, leurs méthodes de calcul sous-estimant les risques actuels pesant sur le marché immobilier résidentiel, selon la DNB.

Cette mesure concernera les établissements bancaires du pays disposant de modèles internes -comme les trois principaux groupes du pays (Rabobank, ABN Amro et ING)- soit l'essentiel du marché du crédit immobilier. Elle devrait entrer en vigueur au cours de l'automne pour une durée de deux ans.

La DNB demandera par ailleurs au Comité de surveillance des risques systémiques (ESRB) de « recommander aux autres États membres de reconnaître la mesure, étant donné que leurs secteurs bancaires peuvent être (ou devenir) exposés au risque systémique du marché néerlandais du logement, directement ou indirectement (par l'intermédiaire de leurs succursales) », précise l'ABE dans sa note.

L'autorité bancaire européenne dit reconnaître « les préoccupations relatives à l'accumulation de risques dans ce secteur » de l'immobilier résidentiel néerlandais. Elle évoque notamment « la forte proportion de prêts à haut risque, le niveau élevé d'endettement des ménages » et une estimation du niveau de risque faible par les banques.

En appui de la décision de la DNB, la simulation d'un scénario catastrophe anticipant notamment une chute de 25% des prix du marché immobilier résidentiel en trois ans. Dans ce cas, selon la DNB, les banques devraient augmenter d'environ trois milliards d'euros leurs réserves de capital pour arriver à maintenir leur niveau actuel de fonds propres.

Sont exclus de cette mesure, les crédits immobiliers bénéficiant d'une garantie du système national hypothécaire (Nationale hypotheek garantie, NHG).

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