Près d’un Français sur 20 a été victime de débits frauduleux sur son compte bancaire, selon un récent rapport officiel. Un chiffre qui ne recule pas, malgré les progrès affichés de la prévention et des systèmes de sécurité.

Rien n’y fait. Ni la multiplication des messages de prévention, ni la sophistication croissante des systèmes de sécurité ne parviennent à endiguer le phénomène de la fraude sur compte bancaire. En 2018, près de 1,3 million de ménages en ont été victimes, selon le rapport d’enquête « Cadre de vie et sécurité » publié vendredi 13 décembre par l’Insee et l’ONDRP (1). Parmi eux, 10% ont même subi plusieurs escroqueries au cours des 2 deux dernières années. Et encore : ces chiffres ne concernent ni les débits résultant du vol ou de la perte d’un chèque ou d’une carte, ni les cas d’extorsion de données confidentielles par la violence ou la menace, mais uniquement ceux effectués en détournant des informations personnelles - un numéro de carte bancaire généralement.

Ce sont donc 4,3% des ménages qui ont subi une escroquerie bancaire l’an dernier. Un chiffre stable depuis 2016, mais qui a plus que doublé en 8 ans.

Les banques remboursent 8 fois sur 10

Heureusement, les sommes détournées ne sont pas toujours très élevées. Sept fois sur 10, le préjudice est inférieur à 500 euros, et même à 100 euros dans 34% des cas. A l’inverse, seules 16% des victimes subissent des pertes supérieures à 1 000 euros.

Ces clients floués sont aussi généralement intégralement remboursés par leurs banques : c’est le cas dans près de 8 cas sur 10. Logique : c’est la règle, en l’absence de vol ou de perte de la carte bancaire. 19% des victimes, toutefois, restent sur le carreau. Pourquoi ? L’étude ne le détaille pas. Certaines enseignes, toutefois, ont la réputation d’être moins compréhensives que d’autres, en rejetant la responsabilité de la fraude sur leur client, accusé de négligence grave pour n’avoir pas su protéger ses données de sécurité. Une justification qui, généralement, ne tient pas devant la justice quand la victime décide de demander réparation.

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L’e-commerce en première ligne

Dans plus d’un cas sur 2 (56% en moyenne sur la période 2016-2019), la fraude fait suite à un achat réglé par carte bancaire sur un site d’e-commerce. Massivement utilisée par les achats en ligne, la carte y reste beaucoup plus vulnérable que dans l’univers physique : les emplettes dans les commerces traditionnels et les retraits aux distributeurs automatiques ne représentent respectivement que 10 et 6% des débits frauduleux. Plus complexes à réaliser, les arnaques aux virements pèsent, quant à elles, 9%.

Six fois sur dix, les victimes n’ont aucune idée de la manière dont elles ont été dupées. Rares (4% seulement) sont celles qui sont conscientes d’avoir été victimes d’un vol d’informations confidentielles par phishing - c’est-à-dire en se connectant sur un faux site bancaire ou administratif -, alors que cette technique passe pour être une des plus couramment utilisées. 17%, en revanche, ont été capables de détecter que la fuite avait eu lieu à l’occasion d’un achat ou d’une réservation par internet.

Des bonnes pratiques à adopter

Subir des débits frauduleux à répétition n’est pas une fatalité. Pour s’en prémunir, il est conseillé de mettre en œuvre un certain nombre de bonnes pratiques. Parmi elles, ne jamais utiliser un lien contenu dans un mail pour vous connecter à un site sensible, qu’il soit bancaire ou non. Dans tous les cas, pour détecter rapidement une anomalie, il est indispensable de consulter régulièrement vos comptes bancaires au moins une fois par semaine : c’est en effet en vérifiant leurs relevés que 71% des victimes ont découvert le pot aux roses.

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(1) Institut national de la statistique et des études économiques et Observatoire national de la délinquance et des réponses pénales.