Christine Lagarde, la Ministre des finances, a annoncé lundi 20 octobre que l’État allait injecter avant la fin de l’année 10,5 milliards d’euros, sous forme de prêts, dans les six plus grandes banques privées du pays. Une mesure visant à financer l’économie, critiquée pour son absence de contrepartie par l’ensemble de la gauche.

Christine Lagarde a annoncé lundi 20 octobre que d’ici à la fin de l’année, le Crédit Agricole recevra 3 milliards d’euros, BNP Paribas, 2, 55, la Société Générale 1,7, le Crédit Mutuel, 1,2 milliard, la Caisse d’Epargne, 1,1 et la Banque Populaire, 950 Millions. Ces fonds seront versés sous forme de prêts avec un taux d’intérêt à 8%, « aux conditions du marché d’aujourd’hui » d’après Georges Pauget, président de la Fédération Bancaire Française (FBF) et directeur général du Crédit Agricole.

L’objectif majeur de cette mesure est de permettre aux banques d’assurer leur engagement pris avec l’État d’augmenter de 3 à 4% par an le montant global de leurs prêts pour financer l’activité économique par des crédits aux entreprises et aux particuliers. Elle vise aussi à les placer au niveau de leurs concurrents européens.

La Ministre de l’économie n’exclut pas la mise à disposition de la même somme en 2009, « si les tensions de marché venaient à persister » tandis que Georges Pauget a affirmé que ce prêt rapportera par an « 400 millions de recettes pour le budget de l’État ».

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L’opposition dans son ensemble a condamné la faiblesse des contreparties demandées aux établissements bancaires. Ils devraient d’abord être sommés de « se recentrer sur leur métier : le financement de l’activité en France », selon Didier Migaud (Parti Socialiste), Président de la commission des finances de l’Assemblée Nationale, qui a de plus évoqué la possibilité que les banques s’engagent à cesser leurs activités dans les paradis fiscaux.

Ségolène Royal et Martine Aubry ont, quant à elles, critiqué le fait que l’État ait choisi des prêts par des titres subordonnés plutôt que l’achat d’actions, susceptibles de plus-values et synonymes d’entrée de la puissance publique dans le capital des banques. Ségolène Royal estime ainsi « choquant » que « L’État se contente d’apporter de l’argent frais aux banques.»

La Ligue Communiste Révolutionnaire (LCR) considère de son côté que « ces largesses gouvernementales (…) sont à l’inverse de sa politique de réduction des dépenses publiques ». Le Parti Communiste dénonçant également la contradiction entre les « deux discours » a demandé « la création d’un pôle public bancaire » pour ne pas laisser les banques « sans contrôle ».