Si un quart des Français possèdent au moins un compte dans une banque en ligne, c’est rarement celui qu’ils utilisent au quotidien. Pourtant, il y a bien des avantages à détenir son compte principal dans un établissement en ligne. La preuve par 5.

Banques traditionnelles vs banques en ligne : le duel a pour l’instant tourné court. Les premières, avec leurs réseaux d’agences et leurs conseillers dédiés, gardent massivement la main : selon une récente étude (1), vous êtes 93% à continuer à y détenir votre compte principal, celui où vous domiciliez vos revenus, contre 7% dans une banque en ligne. Ce chiffre, toutefois, ne reflète pas tout à fait la réalité de l’intérêt pour ce modèle. Selon une autre enquête (2), 23% des Français déclarent détenir au moins un compte dans une banque en ligne ou néobanque, et 24% annoncent qu’ils pourraient y venir prochainement.

Que faut-il en déduire ? Tout simplement que vous êtes nombreux à tester la banque en ligne sans totalement oser vous lancer. Parfois parce que vous n’avez pas le choix, à cause d’un crédit en cours de remboursement ou d’un produit d’épargne que vous pensez intransférable. Souvent par peur du changement, par flemme ou parce que vous estimez que c’est trop compliqué. Voici 5 arguments qui pourraient vous convaincre de franchir le pas.

1 - Le prix

23,41 euros de frais annuels pour un profil standard chez Boursorama, la banque en ligne la moins chère ; entre 102,55 euros (au Crédit Coopératif) et 242,93 euros (à la Banque Dupuy de Parseval) dans les banques traditionnelles (3) : l’attractivité tarifaire des banques en ligne n’est plus à démontrer. C’est même la principale motivation de leurs clients, citée par 50% d’entre eux (4). C’est particulièrement vrai s’il vous arrive de voyager : les unes après les autres - ING est la dernière en date - les enseignes 100% à distance abandonnent les frais qui pèsent généralement sur les retraits et achats par carte en devises étrangères.

La modération sur les prix n’est pas la seule qualité des banques en ligne. Leurs clients louent également la transparence de leurs tarifs : gratuité des moyens de paiement et des opérations du quotidien effectuées en autonomie, absence de commissions d’intervention, etc.

2 - Le catalogue

Il y a encore quelques années, il était difficile, même pour les plus motivés, de mettre toutes ses billes dans une banque en ligne. Et pour cause : elles étaient loin de proposer tous les produits indispensables. Ce n’est plus le cas : au fil des années, leurs catalogues sont devenus de plus en plus riches. D’abord centrés sur l’épargne (notamment sur les livrets bancaires à taux boostés), ils ont ajouté le compte courant et les moyens de paiements, puis l’assurance et la prévoyance et enfin les crédits immo et conso.

Résultat : aujourd’hui, des acteurs comme Boursorama, Hello Bank ou Fortuneo n’ont plus grand-chose à envier, en termes de variété de services et de produits, aux grandes enseignes traditionnelles.

BoursoramaINGHello BankFortuneoBforBankMonabanqOrange BankMa French Bank
Crédit
Crédit immobilier

Oui

Oui

Oui

Oui

Oui

Oui

Non

Non

Prêt personnel

Oui

Oui

Oui

Oui

Oui

Oui

Oui

Non

Crédit renouvelable

Oui

Non

Non

Non

Non

Oui

Non

Oui

Épargne réglementée
Livret A

Oui

Oui

Oui

Oui

Oui

Oui

Non

Non

LDDS

Oui

Oui

Oui

Oui

Oui

Oui

Non

Non

LEP

Non

Non

Oui

Non

Non

Non

Non

Non

Livret Jeune

Non

Non

Oui

Non

Non

Oui

Non

Non

PEL / CEL

Oui

Non

Oui

Non

Non

Non

Non

Non

Épargne non réglementée
Livret bancaire

Oui

Oui

Oui

Oui

Oui

Oui

Oui

Non

Assurance-vie

Oui

Oui

Oui

Oui

Oui

Oui

Non

Non

Compte-titres

Oui

Oui

Oui

Oui

Oui

Oui

Non

Non

PEA

Oui

Oui

Oui

Oui

Oui

Oui

Non

Non

PEA-PME

Oui

Non

Oui

Oui

Oui

Non

Non

Non

3 - Le service clients

C’est un des paradoxes de la consommation bancaire contemporaine : même si vous ne vous y rendez presque plus - moins d’une fois par mois pour 61% des clients bancaires, jamais pour 15% (1) - vous restez attaché à la proximité géographique d’une agence bancaire. Dans les faits pourtant, l’essentiel de la relation bancaire au quotidien - consultation de comptes, virements, commandes de moyens de paiement, recherches d’information sur les produits - se déroule désormais par mail ou par téléphone. Dans le domaine, les banques en ligne, conçues nativement pour une relation bancaire à distance, gardent un temps d’avance : leurs interfaces numériques sont généralement plus complètes et surtout plus réactives que celles des banques traditionnelles, malgré leurs progrès.

Reste la question du conseiller attitré : apporte-t-il une réelle valeur ajoutée par rapport aux téléconseillers des banques en ligne ? Difficile d’apporter une réponse définitive : tout dépend de vos besoins, mais aussi de son degré d’expertise, du nombre de clients dont il doit s’occuper et du temps où il reste en poste. Une chose est certaine : les banques en ligne ont beaucoup travaillé ces dernières pour muscler leurs services clients et tenter de créer, à distance, les conditions d’une relation personnalisée. Et elles conservent un gros avantage : des horaires d'ouverture beaucoup plus larges que ceux des agences physiques, jusqu'à 22 heures pour certaines, et le samedi.

4 - La sécurité

« Brick & Mortar », « brique et mortier » en VF : c’est ainsi qu’on décrit, dans les pays anglo-saxons, une banque - et plus généralement un commerce - « en dur », ayant pignon sur rue. Une expression qui valorise la permanence et la solidité de ces entreprises, par opposition aux acteurs évoluant dans l’univers numérique.

Il fut ainsi un temps où les Français avaient des doutes sur la capacité des banques en ligne à protéger efficacement leur argent. Ce procès en fiabilité semble appartenir au passé. Il est toujours bon, toutefois, de le rappeler : comme les banques traditionnelles, les banques en ligne sont des établissements de crédit à part entière, contrôlés par les autorités de régulation et couverts par le système de garantie des dépôts bancaires. Elles sont également toutes financées par de grands groupes français. Il n’y a donc pas plus de risques, par exemple, à confier votre argent à Boursorama qu’à son unique actionnaire, la Société Générale.

5 - La prime

C’est la cerise sur le gâteau. Toujours avides de convaincre de nouveaux clients de les rejoindre, les banques en ligne continuent à les appâter à coup de substantielles primes : 80 euros en rythme de croisière, mais parfois bien plus. Un avantage qui s’ajoute notamment à la gratuité de la carte bancaire sans limites dans le temps.

Rappel : ouvrir un compte dans une banque en ligne ne vous engage pas. À l’exception d’ING, qui demande à ses clients de verser 1 200 euros par mois sur le compte pour bénéficier de la gratuité, elles n’imposent pas de domicilier ses revenus. Rien ne vous empêche donc d’ouvrir un compte en profitant de la prime, puis de le tester pendant quelques mois avant de décider si oui ou non, vous voulez en faire votre compte principal.

Trois pages à consulter avant de vous lancer : notre récapitulatif des offres de bienvenue, notre palmarès des banques les moins chères et notre guide pour changer de banque.

(1) « Usages, opinions et attentes des Français vis-à-vis des nouveaux modèles bancaires », étude réalisée par Next Content pour le compte de CGI, février 2020. (2) Etude Multibancarisation et switching 2020, 3e édition, réalisée auprès de 4 926 Français de 18 à 75 ans clients des banques et 982 clients ayant changé de banque au cours des 12 derniers mois, interrogés entre le 3 et le 24 juillet 2020. (3) Source : Classement MoneyVox des banques les moins chères au 1er septembre 2020, sur un profil standard. (4) Source : Etude KMPG, panorama des néobanques en France, janvier 2020.