Incendie, inondation, grêle, sécheresse... Le réassureur public français CCR a réalisé une quinzaine d'études pour mieux mesurer l'impact et les conséquences économiques des catastrophes naturelles et du réchauffement climatique en vue de « revoir les paramètres de l'équilibre financier du régime » des assurances.

La Caisse centrale de réassurance, dont l'activité consiste à assurer les assureurs, souligne dans un communiqué publié mercredi la nécessité pour les territoires, mais aussi pour les entreprises et assureurs, « d'approfondir la connaissance des périls auxquels ils peuvent être exposés afin d'améliorer la prévention, la gestion de crise et l'indemnisation ».

Pour ce faire le réassureur, placé sous l'autorité de la Direction générale du Trésor, met en avant l'importance des « modélisations » destinées à « accompagner les territoires dans la définition de leurs dispositifs de gestion des risques, notamment ceux liés aux conséquences du réchauffement climatique ».

La CCR a réalisé en 2022, en partenariat avec divers organismes, des études réunies dans un « rapport scientifique » sur l'impact du changement climatique sur les productions agricoles d'ici 2050, l'exposition de la France métropolitaine aux séismes ou encore l'utilité des politiques de prévention sur le coût des catastrophes naturelles.

« La recrudescence des catastrophes naturelles nécessite de revoir les paramètres de l'équilibre financier du régime pour faire face à des épisodes qui gagnent en intensité et en fréquence », affirme la CCR dans son communiqué.

Le réassureur insiste pour 2022 sur les incendies, les épisodes de grêle, les inondations et surtout sur les épisodes de sécheresse, pour lesquels les indemnisations « liées au phénomène de retrait-gonflement des argiles devraient approcher les 2,8 milliards d'euros ».

Plusieurs départements ont été mis dès mars 2023 en alerte sécheresse avec des mesures de restriction d'eau extraordinairement précoces.

L'étude sur l'impact du réchauffement climatique sur les productions agricoles, réalisée avec l'Institut Agro Rennes-Angers et Météo-France, estime par exemple que les pertes de récoltes devraient augmenter de 25% d'ici 2050 et que les épisodes de sécheresse majeurs comme celle de 2003 pourraient doubler et intervenir tous les sept ans, avec des pertes importantes surtout pour les éleveurs qui dépendant de prairies.

L'étude sur la prévention montre quant à elle que « le changement climatique se traduirait par une hausse moyenne de 50% des dommages annuels moyens assurés » avec l'intensification des catastrophes naturelles d'ici à 2050 mais que « cette hausse serait réduite à 32% si l'on intègre les bénéfices de la prévention ».