Entre l'augmentation des sinistres climatiques et l'émergence de nouveaux risques, en passant par les conséquences de la guerre en Ukraine, le secteur de la réassurance devrait connaître une année 2022 difficile, la sixième d'affilée depuis 2016, a annoncé lundi l'Association des professionnels de la réassurance en France (Apref).

Les réassureurs, qui sont les assureurs des assureurs, couvrent ces derniers lorsqu'ils sont confrontés à un niveau exceptionnel de sinistres, notamment lors de catastrophes naturelles, mais aussi lorsqu'elles sont d'origine humaine, comme l'explosion dans le port de Beyrouth en 2020.

Depuis 2016, le ratio combiné, qui sert à calculer la rentabilité du secteur, se situe soit au-dessus de 100%, « ce qui n'est pas du tout acceptable car vous perdez de l'argent », a expliqué lors d'une conférence de presse Bertrand Romagné, président de l'Apref, soit juste en dessous.

A la fin du premier trimestre 2022, cet indicateur clé se situait à 95% pour l'ensemble des réassureurs, « un résultat assez contrasté », poursuit M. Romagné. Et le deuxième trimestre « ne sera pas mieux, voire bien pire », souligne le président de l'Apref, qui s'attend à un ratio combiné à nouveau proche de 100% à la fin de l'année. « Ce à quoi on a échappé pour le moment, c'est un gros cyclone ou un gros tremblement de terre, mais il reste quatre mois, croisons les doigts », complète Nicolas Boudias, délégué général de l'Apref. Et pour le marché français, la situation est encore pire avec des sinistres déjà au plus haut depuis 1999 ainsi que les tempêtes Lothar et Martin.

Si le risque climatique apparaît comme l'enjeu numéro un du secteur, avec un coût estimé par le réassureur Swiss Re à 35 milliards de dollars au premier semestre 2022, soit 22% au-dessus de la moyenne sur dix ans, d'autres risques planent. Parmi eux, le risque pandémique ou de cyberattaque. En outre, le contexte d'inflation pèse également sur le secteur, l'inflation des sinistres étant « souvent plus importante que celle des prix à la consommation », selon l'Apref.

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L'association s'attend à ce que les primes, à risque égal, continuent de progresser après avoir déjà grimpé de 5% à 10% l'année dernière.