Le groupe Vilavi, dont l'ex-PDG Jacques Bouthier a été mis en examen mi-mai en France pour traite des êtres humains et viols sur mineure, a annoncé mercredi le lancement d'un « audit indépendant » à la suite de nouvelles accusations, notamment au Maroc.

« Des médias français et marocains ont récemment rendu public le témoignage de salariés ou d'anciens salariés du groupe Vilavi et de ses filiales, mettant en cause des pratiques et des faits intolérables », a dénoncé la société de courtage en assurances dans un communiqué.

Elle a confié au cabinet Mazars « la conduite d'un audit complet du climat social au sein des équipes et du management basés à Tanger » (Maroc) et a décidé « du renforcement et de la mise à disposition à la totalité des salariés du groupe d'un dispositif d'alerte, de signalement de toutes les situations irrégulières et de suivi des risques psychosociaux ».

Selon un article de Libération publié samedi, quatre plaintes ont été déposées à Tanger, où le groupe possède un centre d'appels.

Selon leur avocate Maître Aïcha Guellaa, citée par le quotidien, les plaintes visent des faits de « traite des êtres humains », « harcèlement sexuel », « atteinte à la pudeur » et « violence verbale et psychique ».

Douze personnes sont mises en cause au total, auxquelles d'autres pourraient s'ajouter selon l'avocate, qui dénonce « tout un système, préparé, organisé », « dans le but d'assouvir les envies sexuelles de l'ex-patron d'Assu 2000 (devenu Vilavi en janvier, ndlr) », complète Libération.

Âgé de 75 ans, le chef d'entreprise a été mis en examen le 21 mai avec cinq autres personnes, notamment pour traite des êtres humains et viols sur mineure, à l'issue d'une enquête préliminaire ouverte mi-mars.

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Il est aussi poursuivi pour association de malfaiteurs en vue de commettre le crime d'enlèvement et séquestration en bande organisée, ainsi que détention d'images pédopornographiques.

Selon une source proche du dossier citée par la radio RTL, qui a révélé cette affaire, une jeune femme de 22 ans s'est présentée à des policiers parisiens en mars, expliquant que depuis cinq ans, elle était « captive » d'un homme richissime qui la violait. Devenant, selon ses dires, « trop âgée pour lui », la jeune femme aurait été forcée de trouver une « remplaçante » pour prendre sa suite. Une adolescente de 14 ans a alors pris sa place dans l'appartement.

La plaignante est parvenue à les filmer ensemble dans un lit, avant de confier la vidéo aux enquêteurs.

L'ex-PDG est soupçonné d'avoir voulu mettre sur pied une équipe pour enlever la jeune femme, saisir la vidéo et la forcer à quitter la France, selon RTL.