Avec son lot de catastrophes climatiques et la poursuite de la pandémie, l'année 2021 sera à nouveau une année difficile pour les réassureurs, a jugé lundi l'Association des professionnels de la réassurance en France.

« A moins d'être très très chanceux sur la fin d'année, ce qui n'arrive jamais, il y a des chances que les résultats soient encore un peu difficiles », a expliqué en conférence de presse Bertrand Romagné, président de l'Apref.

Les réassureurs sont les assureurs des assureurs, et couvrent ces derniers lorsqu'ils sont confrontés à un niveau exceptionnel de sinistres, notamment lors de catastrophes naturelles.

« Je ne veux pas être pessimiste mais nous ne sommes encore que début septembre », a ajouté M. Romagné, précisant que la saison des ouragans aux Etats-Unis dure en principe encore deux mois et demi.

Le coût pour les réassureurs de l'ouragan Ida, qui a récemment ravagé la côte Est des Etats-Unis, est estimé entre 18 et 25 milliards de dollars.

En ajoutant la tempête hivernale qui a frappé le Texas en février et les incendies en Californie, les catastrophes outre-Atlantique pourraient représenter entre 35 et 45 milliards de dollars pour le secteur.

Et en Europe, la facture des catastrophes représente actuellement entre 15 et 20 milliards de dollars pour les réassureurs.

Sauf changement radical de tendance, l'année 2021 sera la cinquième année difficile pour le secteur qui, depuis 2016, enchaîne les années avec des primes inférieures ou à peine supérieures aux coûts des sinistres.

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« Dans la normalité, le secteur génère des profits réguliers et de temps en temps connaît un pic », ce qui ne semble plus être le cas, s'est inquiété Bertrand Romagné, qui anticipe une nouvelle hausse des tarifs, à quelques jours du début des négociations entre assureurs et réassureurs.

La pandémie pourrait également continuer de peser sur le secteur alors que le coût de celle-ci est aujourd'hui estimé à 37 milliards de dollars.

Selon l'Apref, il devrait atteindre 50 à 70 milliards de dollars à la fin de la pandémie.

« Pour nous, c'est un sujet qui est loin d'être clos », a averti M. Romagné.