Une situation « critique », « intenable », « explosive » : les sénateurs ont longuement ferraillé mercredi autour des graves difficultés financières d'Ile-de-France Mobilités (IDFM), conjugées à une dégradation dans les transports parisiens.

En jeu à ce moment du débat sur le projet de budget pour 2023, la question d'une augmentation du versement mobilités, une taxe sur la masse salariale des entreprises de plus de 11 salariés, à laquelle le ministre chargé des Comptes publics Gabriel Attal s'est déclaré fermement opposé.

Réclamée à gauche, cette augmentation a divisé la majorité sénatoriale de droite. Les propositions d'une augmentation de 5% avancées par les sénateurs LR Philippe Tabarot et centriste Vincent Capo-Canellas ont finalement été repoussées par 121 voix « pour » et 208 voix « contre ».

« On ne doit pas se mettre d'accord sur le dos des entreprises, qui financent à 50% la mobilité transport, parce que personne ne veut entamer le dialogue », a protesté Philippe Dominati (LR).

Mais le cri d'alarme lancé par la présidente LR d'IDFM Valérie Pécresse, qui agite la menace d'un pass Navigo à 100 euros (contre 75,20), a été largement relayé dans l'hémicycle du Sénat.

La présidente de région a évalué à 950 millions d'euros les surcoûts d'exploitation des transports franciliens en 2023 en raison de l'explosion prévisible des tarifs de l'électricité. En parallèle est pointée une offre dégradée en raison de défaillances des opérateurs.

« On parle de la vie quotidienne de millions de personnes, au risque d'accidents et même de jacqueries », a alerté l'écologiste Daniel Breuiller.

« Les normes pour les bêtes ne sont pas respectées », a renchéri Sébastien Meurant (LR).

Sur le banc des accusés, le gouvernement. « Ce que je regrette dans tout ça c'est qu'on a l'impression que l'Etat est ailleurs », a déclaré Roger Karoutchi (LR), souhaitant qu'une partie des avances remboursables consenties face au Covid-19 IDFM se transforment en dotations.

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« Vous ne pouvez pas que garder la responsabilité de nommer le PDG de la RATP, de nommer le PDG de la SNCF, mais en parallèle de ne pas financer », a-t-il ajouté.

« Ce n'est pas cette assemblée qui demande une fiscalité supplémentaire, c'est vous. C'est vous qui êtes sourds », a lancé Sophie Primas (LR) à l'adresse du gouvernement.

Quant au sénateur des Hauts-de-Seine Pierre Ouzoulias (CRCE à majorité communiste), il a invité M. Attal à le « retrouver demain à la gare de Bourg-la-Reine, mais à 7H30, parce qu'à 8H00, c'est fini, il n'y a plus de place ».

« Gardons nous des solutions simplistes », a mis en garde le ministre, pour qui « il n'y a pas de solution magique ». « Les discussions vont se poursuivre au niveau de la Première ministre et des ministres », a-t-il indiqué.