Le groupe RN à l'Assemblée votera « les motions de censure » quel que soit le groupe qui les aura déposées, si le gouvernement devait recourir au 49.3 pour faire adopter les textes budgétaires et une réforme des retraites sans vote, a assuré jeudi Marine Le Pen.

A sa sortie d'une rencontre avec la Première ministre Élisabeth Borne prévue en amont de la session parlementaire, la dirigeante d'extrême droite a expliqué être « en désaccord sur l'intégralité des textes qui vont arriver devant l'Assemblée nationale ».

La cheffe de file des députés Rassemblement national a cité notamment la réforme de l'assurance chômage, le projet de loi de finances et la politique énergétique.

« Je lui ai clairement dit que s'ils entendaient faire passer la réforme des retraites par l'intermédiaire d'un amendement au projet de loi de finance de la Sécurité sociale, et en utilisant le 49.3, alors nous déposerions une motion de censure et nous voterions les motions de censure qui seraient déposées, quelle que soit leur origine », a déclaré l'ancienne candidate à la présidentielle.

L'article 49.3 de la Constitution permet l'adoption d'un texte sans vote sauf motion de censure.

Mme Le Pen s'était déjà dite la semaine dernière opposée à une réforme des retraites, estimant qu'« il n'y a absolument aucune urgence à s'attaquer aux retraites au moment précisément où les Français sont confrontés à des difficultés de pouvoir d'achat qui sont majeures ».

Reçu après Marine Le Pen, le chef de file des députés Les Républicains, Olivier Marleix, a affirmé à la sortie de son entretien que si la réforme des retraites était proposée dans un amendement, « ce serait niet », mais redit qu'il souhaitait une réforme.

« Il n'y aura pas de revalorisation des retraites en France possible s'il n'y a pas une réforme de retraites. Mais ce n'est pas +n'importe quoi, n'importe comment, dans n'importe quelles conditions+. Pour une réforme, l'art et la manière, la méthode, ça compte », a-t-il dit.

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« Je crois qu'elle (Mme Borne) a compris », a-t-il rapporté.

Elisabeth Borne « c'est pas elle qui est la patronne mais j'ai senti que sa préférence serait sans doute sur un texte ad hoc, sur une loi » et pas un amendement, a abondé sur France Inter son homologue au Sénat Bruno Retailleau.

Reçu mercredi, M. Retailleau avait affirmé à sa sortie que « si c'est l'amendement, le gouvernement s'empalera ».