Les reventes de logements ont continué à baisser en août aux Etats-Unis, pour le septième mois d'affilée, de nombreux acheteurs potentiels étant découragés par la hausse des taux d'intérêt des prêts immobiliers, et malgré un nouveau recul des prix.

Le mois dernier, 4,80 millions de maisons et appartements en rythme annualisé ont changé de propriétaire, selon les données publiées mercredi par la Fédération nationale des agents immobiliers américains (NAR).

Les reventes sont en baisse de 0,4% par rapport à juillet, et de 19,9% comparé à août 2021, lorsque les taux d'intérêt étaient à leurs plus bas niveaux historiques.

Les prix, cependant, qui avaient flambé depuis le début de la pandémie, ont reculé pour le deuxième mois d'affilée. Le prix médian s'est ainsi établi à 389.500 dollars, après un pic à 413.800 dollars en juin, et reste supérieur de 7,7% au prix médian enregistré en août 2021.

« Le secteur immobilier est le plus sensible et subit les impacts les plus immédiats des changements de politique de taux d'intérêt de la Réserve fédérale », a déclaré le chef économiste de la NAR, Lawrence Yun.

Les taux des crédits immobiliers ont grimpé depuis début 2022, et viennent même de dépasser les 6%, pour la première fois depuis 2008, après l'éclatement de la bulle immobilière.

Pour combattre la forte inflation la banque centrale américaine (Fed) fait ralentir l'activité économique en relevant ses taux, ce qui donne le ton des divers prêts accordés aux ménages et entreprises. Et le mouvement devrait se poursuivre, puisqu'une nouvelle hausse de son taux directeur est attendu mercredi.

« La faiblesse des ventes de maisons reflète la hausse des taux d'intérêt de cette année », a ajouté Lawrence Yun, relevant cependant que « les propriétaires se portent bien », puisque les ventes se font toujours rapidement.

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Fin août 1,28 million de biens étaient en vente, soit 1,5% de moins qu'en juillet et représentant 3,2 mois de ventes au rythme actuel.

Le secteur immobilier aux Etats-Unis souffre depuis des années d'un nombre de biens disponibles trop faible par rapport aux besoins, un phénomène exacerbé avec la pandémie de Covid-19, en raison de la forte demande.

Cela « restera serré dans les mois à venir et même pour les deux prochaines années », avertit Mme Yun.

Certains propriétaires ne sont pas disposés à vendre, car ils avaient obtenu un prêt immobilier à un taux très bas, « ce qui augmente le besoin de construction de maisons neuves pour stimuler l'offre », ajoute-t-elle.