Le cabinet de conseil Mercer a publié lundi une étude au sujet des négociations annuelles obligatoires (NAO) prévues par les entreprises en 2022. Démarrées plus tôt par rapport aux autres années, ces négociations seraient également plus importantes, tout en restant inférieures à l'inflation.

Avec une inflation calculée à 5,8% sur un an en juin, la question de la hausse des salaires est plus que jamais d'actualité. Si le Smic va encore augmenter au 1er août (de 1 302,64 euros à 1 329,06 euros net pour un temps plein), le reste des salaires fait également l'objet de négociations.

Le cabinet de conseils Mercer a d'ailleurs publié ce lundi la 10e édition de son enquête annuelle dédiée aux négociations annuelles obligatoires (NAO). Pour ce faire, 45 entreprises de différents secteurs (1) ont été interrogées entre octobre 2021 et mars 2022.

Un effort significatif par rapport aux années précédentes

Et les résultats de cette enquête montrent que les entreprises avaient cette année anticipé ces négociations par rapport aux années précédentes. Ainsi, fin mars 2022, 87% des entreprises interrogées avaient déjà finalisé leurs négociations annuelles obligatoires. Seuls 7% d'entre elles ne les avaient pas encore entamées. En cause, des négociations 2020-2021 difficiles, ce qui a motivé les entreprises à s'y prendre plus tôt cette année.

Sur les différentes entreprises interrogées et qui avaient finalisé leurs négociations, 66% avaient trouvé un accord (contre 50% en mars 2021), pour une « augmentation du salaire de base » prévu pour 2022 qui s'établit sur « un niveau médian de 2,8% » (contre 1,41% en 2021 et 2% en 2020). « Les entreprises démontrent ainsi vouloir faire un effort significatif par rapport aux deux années qui viennent de s'écouler », explique Mercer dans son étude. Des augmentations qui restent cependant bien plus faibles que l'inflation.

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Mais alors, à qui profitent ces augmentations ? À tout le monde, si l'on en croit l'étude, qui explique que l'augmentation médiane est par exemple de 2,55% pour les ouvriers, de 2,80% pour les employés et les cadres (hors vente). Les managers, comme les cadres supérieurs et les dirigeants, voient eux une augmentation de 2,50%.

D'après l'étude, les hausses des salaires n'étaient pas le seul point des négociations menées dans les entreprises. Ainsi, 71% des entreprises interrogées expliquent avoir décidé de mettre en place d'autres avantages pour les salariés. 18% d'entre elles ont par exemple prévu d'améliorer la rémunération de leurs salariés via l'attribution d'un treizième mois, la majoration des tickets restaurant ou encore le versement de primes fixes. 14% des entreprises expliquent par ailleurs avoir opté pour une prime collective exceptionnelle.

Primes, télétravail, ticket resto, transport... Ce qu'il faut négocier (en plus du salaire)

(1) L'étude a été menée auprès de 45 entreprises participantes : 29% sont des entreprises dans le commerce de détail & commerce de gros, 13% dans la grande consommation, 12% des entreprises de services, 11% dans l'industrie, 11% dans les produits chimiques, 7% dans les nouvelles technologies, 5% dans le secteur Finance/banque, 4% dans la logistique, 4% dans l'industrie automobile et 4% dans « autres ».