L'Insee a publié un indicateur crucial ce mercredi sur le rythme de la hausse des prix au mois de juin qui atteint 5,8% sur un an. Une annonce qui va entraîner une série de revalorisations pour les particuliers.

C'est une annonce qui va avoir de multiples conséquences. Ce ercredi, l'Institut national de la statistique et des études économiques (Insee) a publié l'indice des prix à la consommation (IPC) définitif pour le mois de juin. Il confirme la première estimation provisoire diffusée le 30 juin qui faisait état d'une hausse des prix de 5,8% sur un an, contre 5,2% en mai. L'IPC est cet instrument qui permet de mesurer l'inflation et « d'estimer, entre deux périodes données, la variation moyenne des prix des produits consommés par les ménages », explique l'Insee. Voici les répercussions pour le pouvoir d'achat des particuliers.

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25 euros de plus pour le Smic

En mai, le Smic a été augmenté de 2,65% pour atteindre 1 302 euros nets, soit 1 645,58 euros bruts. Une hausse automatique qui s'applique dès que les prix progressent de plus de 2%, sur une courte période, pour les 20% de la population les plus modestes. Cette revalorisation de mai, basée sur l'IPC de mars, va se reproduire puisque l'indice des prix à la consommation de juin fait état là encore d'une hausse des prix de 2,01% par rapport à mars. Le Smic net sera donc augmenté d'environ 25 euros en août pour atteindre près de 1 328 euros nets pour un temps plein.

Hausse des loyers jusqu'à +3,5%

L'indice des prix à la consommation livré par l'Insee demain va lui servir pour calculer l'indice de référence des loyers (IRL) basée sur l'inflation moyenne des 12 derniers mois. Celui-ci fixe les plafonds des augmentations annuelles des loyers que peuvent exiger les propriétaires pour le trimestre à venir, à la date anniversaire du bail.

Avec le bond de l'inflation, l'IRL qui a atteint +2,48% au premier trimestre va de facto encore progresser autour de 3,5% au titre du deuxième trimestre. Traduction : les bailleurs vont pouvoir demander une hausse de loyer proche de 3,5%. Selon l'économiste Pierre Madec, de l'Observatoire français des conjonctures économiques (OFCE), l'IRL devrait même atteindre plus de 5% à la fin de l'année. Mais les loyers ne grimperont pas aussi vite. Le gouvernement a promis de plafonner la hausse des loyers pendant un an à 3,5%, une mesure décriée par l'association de consommateurs CLCV qui réclamait un gel pur et simple des loyers.

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Les aides au logement revalorisées de 3,5%

C'est sur la base de l'IRL du deuxième trimestre que sont calculées, chaque année, l'évolution des aides aux logement applicables à compter du mois d'octobre. Face à la forte hausse des prix, le gouvernement souhaite les augmenter de 3,5% avec effet rétroactif dès le 1er juillet. Une mesure qui figure dans le projet de loi pouvoir d'achat, tout comme le plafonnement des loyers à 3,5%, deux mesures qui doivent être examinées à partir de lundi à l'Assemblée. Un texte dont l'effectivité est incertaine puisque l'exécutif ne dispose que d'une majorité relative pour faire adopter ce texte.

Taux du Livret A au moins doublé

La mise en ligne de l'IPC définitif par l'Insee mercredi donne le feu vert au gouverneur de la Banque de France pour qu'il adresse au ministre de l'Economie sa recommandation sur le nouveau taux du Livret A, à compter du 1er août. Sa complexe formule de calcul prend notamment en compte la moyenne de l'inflation sur les six derniers mois, donc entre janvier et juin en l'espèce.

En se basant sur le chiffre d'inflation définitif publié il y a deux semaines, le nouveau taux du Livret A, et de son faux jumeau, le Livret de développement durable et solidaire (LDDS) devrait être de 2%, contre 1% depuis le 1er février. Mais la Banque de France peut très bien aussi proposer un taux supérieur pour préserver l'épargne des 8 Français sur 10 qui ont un Livret A. C'est la première option que vient de retenir la Banque de France. Un doublement du taux du Livret A, de 1% à 2%, à partir du 1er août dans la foulée de la hausse de l'inflation, est « possible », a confirmé ce mercredi sur France Info le gouverneur de la Banque de France, excluant tout coup de pouce exceptionnel.

Malgré tout, le rendement réel du placement préféré des ménages restera nettement négatif avec une hausse des prix qui devrait friser les 7% en septembre. Selon un sondage réalisé par l'institut YouGov pour MoneyVox, 8 Français sur 10 réclament pourtant une rémunération du Livret A indexée sur l'inflation. Petite consolation, le taux du Livret d'épargne populaire (LEP) devrait monter de 2,2% à 4,6% le mois prochain.