A peine sorties de la pandémie, et alors qu'elles doivent composer avec les difficultés d'approvisionnement et la flambée des matières premières, les entreprises se préparent pour faire face aux défis de l'année 2022. Et pour mieux les accompagner, Société Générale vient de lancer de nouvelles offres. Le point avec Bertrand Cozzarolo, Directeur des Entreprises chez Société Générale.

L'année démarre fort pour Société Générale. Après avoir encaissé un bénéfice record de 5,6 milliards d'euros en 2021, la banque rouge et noire entend muscler son offre à destination des entreprises avec de nouvelles prestations, dans le domaine de la cybersécurité et de la responsabilité sociale et environnementale (RSE).

D'où vous est venue l'idée de proposer des prestations de cybersécurité à votre clientèle professionnelle ?

Bertrand Cozzarolo : « C'est un besoin qui émane du marché. A peu près toutes les entreprises ont déjà été ou vont être victimes de cyber-attaques. Ces attaques sont souvent très sophistiquées et, depuis quelques années, la sécurisation des systèmes informatiques est devenue un sujet de préoccupation majeur pour les entreprises, avec d'une part des attaquants qui se professionnalisent, et d'autre part un risque accru par le développement du télétravail. »

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Quelles solutions avez-vous développées ?

Bertrand Cozzarolo : « Aucun système ne permet d'être parfaitement protégé. Et la faille est souvent humaine : 90% des attaques informatiques commencent par une opération de phishing. Pour se défendre contre le risque cyber, il faut être présent en amont de l'attaque, afin de tenter de l'empêcher, mais aussi en aval, pour aider l'entreprise à gérer les conséquences de l'attaque si le pire devait advenir. Nous avons donc déployé deux solutions.

La première est curative : nous proposons une assurance contre le risque cyber. La protection offerte en cas d'attaque est triple. Dans un premier temps, l'assureur dépêche des consultants informatiques auprès de l'entreprise, pour l'aider à rétablir le bon fonctionnement de ses systèmes d'information. Puis il indemnise l'éventuelle perte d'exploitation causée par l'attaque. Et pour finir, il permet à l'entreprise d'être couverte si sa responsabilité venait à être engagée du fait de l'attaque, en cas de rupture de services ou de perte de données confidentielles, par exemple.

La seconde est préventive : OPPENS, notre filiale dédiée à la cybersécurité, a créé une solution innovante : un entraînement immersif et régulier des salariés contre le phishing mêlant simulations et microformations. Concrètement, nous envoyons aux salariés des entreprises qui participent au dispositif un faux mail de phishing, très réaliste. On réplique pour cela les stratégies classiques des attaquants : usurpation d'identité, création d'un sentiment d'urgence... Puis on propose une formation pour sensibiliser les employés qui ont cliqué. C'est une prestation peu onéreuse, qui nous permet d'accompagner aussi bien des ETI que des PME ou des TPE. »

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On n'est plus tout à fait dans votre cœur de métier. Pourquoi les entreprises devraient-elles se tourner vers leur banquier pour ce qui relève de la cybersécurité ?

Bertrand Cozzarolo : « La sécurité a toujours été une composante forte de notre métier de banquier. Notre service le plus essentiel, c'est justement d'assurer la sécurité de l'argent que nous confient nos clients. Et, naturellement, nous sommes une cible privilégiée pour les attaquants. Nous avons par conséquent développé une expertise reconnue autour de la sécurisation des transactions.

Notre rôle de banquier nous amène également à être l'interlocuteur privilégié des entreprises lorsqu'elles sont victimes d'une attaque informatique. Quand l'entreprise n'a plus accès à ses outils, il faut quand même payer les salariés, régler ses fournisseurs, gérer les flux de trésorerie... Ce sont des problématiques sur lesquelles nous intervenions déjà. Et ce, bien avant de développer ces nouvelles solutions. »

En dehors du risque cyber, quelles vont être les principales préoccupations des chefs d'entreprise en 2022, selon vous ?

Bertrand Cozzarolo : « L'année 2020 a été une période de bas de bilan pour les entreprises, avec de grosses problématiques de trésorerie suite à la pandémie. Il a fallu s'assurer en priorité que les entreprises avaient accès à des liquidités en abondance, notamment à travers la distribution des prêts garantis par l'Etat. Par contraste, 2021 a été une période de haut de bilan. La reprise économique mondiale s'est accompagnée d'un boom des financements stratégiques et des opérations de fusion-acquisition.

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En 2022, les choses devraient se rééquilibrer, et c'est surtout aux enjeux de RSE que les entreprises vont devoir penser avec, notamment, l'implémentation de la nouvelle taxonomie verte européenne. Les modèles économiques sont en pleine transition et les entreprises vont devoir faire preuve d'agilité, que ce soit pour s'adapter aux nouvelles réglementations, ou pour conserver toute leur attractivité sur les marchés de capitaux. Car, de plus en plus, les financements sont fléchés vers des fonds qui respectent les critères ESG (pour Environnementaux, Sociaux et de Gouvernance). Si les entreprises ne sont pas éligibles à ces fonds, elles auront plus de difficulté à trouver des financements. Que ce soit via la contrainte ou l'incitation, il y a donc là un vrai sujet dont les entreprises vont devoir s'emparer. »

Est-ce une thématique sur laquelle vous intervenez également auprès de votre clientèle professionnelle ?

Bertrand Cozzarolo : « Le financement de la transition énergétique est un sujet central pour nos clients et, par extension, pour l'ensemble du groupe Société Générale. Pour répondre à ce besoin, nous avons récemment lancé deux nouvelles solutions de financement. Un prêt environnemental et social, tout d'abord, qui s'adresse principalement aux PME. Ce dispositif, plafonné à 5 millions d'euros sur une durée de 15 ans, vise à financer les projets de développement durable de nos clients, comme l'achat d'un véhicule à hydrogène, ou l'installation de panneaux solaires, mais aussi leurs projets de développement sociétaux comme le financement de logements sociaux ou des programmes d'éducation.

Nous proposons également un prêt à impact, plutôt destiné aux ETI. Ce prêt n'est pas affecté au financement d'un matériel en particulier. Il a vocation à financer le développement d'entreprises, d'associations ou de collectivités territoriales qui s'inscrivent dans une dynamique vertueuse. Concrètement, nous travaillons avec une agence de notation ESG qui note le point de départ de l'entreprise sur une échelle de 0 à 100. Si la note initiale de l'entreprise est trop faible, elle ne pourra pas accéder au dispositif. L'entreprise doit ensuite s'engager à progresser sur cette échelle, et des audits sont régulièrement réalisés pour évaluer son avancement. Si la progression est suffisante, le taux de crédit sera bonifié de 0,10% après 2 ans, puis de 0,20% après 4 ans. »

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