À compter du 1er janvier 2023, selon le Code de l'environnement, les tickets de caisse ainsi que les bons d'achat ne seront plus imprimés automatiquement. Une décision prise pour lutter contre le gaspillage mais qui pose certaines questions.

« Voulez-vous le ticket de caisse ? » Souvent chiffonné dans la poche, du moins pour les petits montants, celui-ci ne sera plus imprimé que si le client le réclame. À compter du 1er janvier 2023, selon le Code de l'environnement, les tickets de caisse, les tickets de carte bancaire ainsi que les bons d'achat ne seront plus imprimés automatiquement. En réalité, pour les transactions en dessous de 20 euros, c'est déjà le cas. Carrefour et Système U vont plus loin et ne proposent plus de ticket de caisse automatiquement dans quelques magasins pilotes.

L'objectif de cette mesure est de lutter contre les effets négatifs des perturbateurs endocriniens contenus dans le papier et le gaspillage. L'impression de ces tickets représente 30 milliards de bouts de papier chaque année en France, nécessitant à eux seuls l'abattage de 2,5 millions d'arbres, selon les chiffres de TF1.

Attention néanmoins aux effets pervers d'une telle décision. Dès 2019, le député Les Républicains Vincent Descoeur craignait dans nos colonnes que le consommateur n'ait plus la possibilité de vérifier le montant de ses achats. Un argument qui rejoint l'une des inquiétudes exprimées récemment dans 60 millions de consommateurs. « Le ticket de caisse permet de vérifier immédiatement que les prix scannés en caisse et payés sont conformes aux prix affichés en rayon », souligne le magazine.

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Un risque accru de fraudes

« Le ticket de caisse sert également de preuve en cas de défaut du produit acheté, ou bien tout simplement si l'on souhaite échanger ou se faire rembourser un article », indique Matthieu Robin, chargé d'étude à l'UFC-Que Choisir. L'association de défense des consommateurs dénonce un risque de fraude accru par cette situation nouvelle. « Cela concernerait notamment le sans-contact, précise Matthieu Robin. Sur les terminaux de paiement, il est tout à fait possible que le commerçant tape le montant à payer sans que le client le voie s'afficher. Le ticket est alors son seul moyen de vérifier qu'il règle bien la somme qu'il doit au professionnel. »