Entre 200 000 et 500 000 étudiants pourraient bénéficier d'un ticket resto de 6,60 euros dès le mois de janvier 2022. La députée LR Anne-Laure Blin défend ce projet de loi le 7 octobre prochain à l'Assemblée nationale. Pour « réduire les inégalités », l'élue du Maine-et-Loire compte sur une mobilisation transpartisane.

Quand on a demandé à la députée Les Républicains (LR) Anne-Laure Blin si son projet de ticket resto étudiant pourrait voir le jour à la rentrée de septembre 2022, elle a répliqué du tac au tac : « Dès janvier, j'espère ! Puisque pendant le confinement, les Crous ont su développer très rapidement des aides financières pour leurs étudiants les plus fragiles, L'ensemble du dispositif est déjà opérationnel. » A un détail près, le vote de l'Assemblée nationale prévu pour le 7 octobre , après un passage réussi au Sénat en juin. Ce texte, l'élue du Maine-et-Loire le porte depuis maintenant un an. Cosigné par plus de 80 députés de plusieurs partis, il propose sur le modèle du ticket restaurant pour les salariés, d'en proposer aux étudiants n'ayant pas de restauration collective à proximité de leur lieu d'étude.

Un ticket resto à 6,60 euros

C'est entre autres le cas des campus de Saumur ou de Gap. Cette situation géographique sera d'ailleurs le seul critère d'attribution, à l'inverse du repas à 1 euro promu par le gouvernement mais réservé aux élèves boursiers. « Le Sénat a travaillé sur le texte initial pour le territorialiser. Cette mesure doit profiter à ceux qui n'ont pas d'autre solution en priorité », explique Anne-Laure Blin à MoneyVox. Concrètement, l'étudiant paierait 3,30 euros de sa poche, l'équivalent d'un repas complet (entrée, plat, dessert) au Crous. L'Etat et les œuvres sociales des universités ajoueraient 3,30 euros pour porter le total à 6,60 euros.

Ces tickets dématérialisés - une carte que l'on chargerait comme un titre de transport - seraient utilisables pour se restaurer, ou faire des courses à caractère alimentaire dans des établissements sous convention. Ce cadre général ne devrait pas changer malgré un passage en commission des lois mardi 28 septembre.

Selon les estimations issues des auditions réalisées actuellement entre 200 000 et 500 000 étudiants pourraient en bénéficier. Pendant le confinement, « nous avons tous vu les files d'attente devant les banques alimentaires », rappelle la députée Blin. Or, une étude américaine, citée par Sciences et Avenir, a montré qu'un étudiant en situation d'insécurité alimentaire a moins de chances d'obtenir son diplôme. Pour cette rentrée, la précarité étudiante reste au cœur des débats alors que loyer occupe 60% du budget - 550,92 euros par mois en moyenne - selon l'Unef.

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Des facultés ont aussi autorisé l'installation des frigos solidaires où particuliers, associations ou professionnels peuvent déposer des fruits, des légumes ou des produits secs.

Procès en malbouffe

Reste à convaincre les députés récalcitrants que les étudiants ne se rueront pas tous au McDonald's. « Le procès en malbouffe comme celui d'une mise concurrence des Crous ne tient pas, prévient Anne-Laure Blin. Plus de pouvoir d'achat permet une alimentation plus saine et les tickets resto étudiant ne seront proposés que là où il n'y a pas de Crous. »

En cas de vote défavorable, le futur candidat LR pourrait-il s'approprier cette loi ? « Ce n'est pas une promesse de campagne. Ce texte a convaincu une large majorité du Sénat. Il se veut pragmatique et transpartisan. J'espère que mes collègues députés suivront la démarche », insiste la députée. Elle rappelle qu'au mois de juillet 2017, les députés de La France insoumise avaient déposé dans l'hémicycle l'équivalent de 5 euros de courses de première nécessité pour prouver que la baisse des APL décidée par le gouvernement n'était pas sans conséquence pour les étudiants. Sa loi veut « simplement réduire les inégalités. »

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Tickets resto : le plafond à 38 euros prolongé

Le gouvernement a décidé de maintenir jusqu'à fin février 2022 le plafond à 38 euros par jour des titres restaurants des salariés. Cette mesure concerne les restaurants, mais elle ne s'applique pas aux supermarchés ni aux commerces de bouche comme les boucheries, les primeurs ou les poissonneries.

La hausse du plafond journalier a eu pour effet d'augmenter de 14 à 21 euros la dépense moyenne effective en chèques déjeuners.