Le fonds activiste Ciam, qui détient 1% de Scor, a appelé jeudi à voter contre la réélection de Denis Kessler en tant que président du conseil d'administration lors de l'assemblée générale du réassureur, arguant d'une gouvernance « défaillante et opaque ».

Pour Catherine Berjal, directrice générale de Ciam, il s'agit d'un « vote sanction » pour le « fiasco de la succession », qui s'ajoute à « un cours de Bourse désastreux », a-t-elle expliqué à l'AFP.

Mi-mai, l'actuel PDG du réassureur, en poste depuis 2002, avait annoncé son retrait de la direction générale à l'assemblée générale de juin 2021, au lieu de 2022, comme prévu auparavant.

Ce retournement de situation a chamboulé le processus de succession en poussant vers la sortie le futur directeur général désigné, l'ex-directeur de cabinet d'Édouard Philippe, Benoît Ribadeau-Dumas, faute de temps pour le former.

« L'annonce de sa démission de la direction générale est jugée subite et sans raison valable », souligne le fonds, critiquant « une gouvernance défaillante et opaque qui nuit à l'image de la place de Paris ».

Mardi, l'association de défense des petits actionnaires Gouvernance en action a publié une lettre allant dans le même sens.

« Après 19 années passées à la tête de Scor, il est temps que Monsieur Denis Kessler se retire de la présidence du groupe », a-t-elle fait valoir.

Ciam appelle en outre à voter contre la politique de rémunération, qu'il juge « déconnectée de ses pairs » et comme allant « à l'encontre du principe d'alignement de la rémunération avec la performance ».

Enfin, il s'oppose au renouvellement de deux autres administrateurs, appartenant au comité des nominations et rémunérations, qu'il tient pour responsables de la succession « maladroite et peu transparente ». Il s'agit de Claude Tendil et Bruno Pfister.

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Ciam votera cependant en faveur de l'élection de Laurent Rousseau comme directeur général mais estime que le départ de Denis Kessler de la présidence est nécessaire pour qu'il ait « les mains libres », selon Mme Berjal.

« Il ne peut pas avoir un Denis Kessler, qui est extrêmement présent, comme chaperon », a-t-elle ajouté.

Ces prises de position du fonds Ciam ne sont guère étonnantes, celui-ci s'étant déjà par le passé fortement opposé à Denis Kessler, en appelant notamment à la séparation des fonctions de directeur général et président.

Lors de la tentative de rachat avortée par Covéa de Scor, qui a depuis dégénéré en bataille judiciaire, Ciam avait estimé que le réassureur n'avait pas suffisamment étudié l'offre, le cours de Bourse étant aujourd'hui environ 40% en dessous de la proposition de Covéa.