L'Autorité des marchés financiers (AMF) a indiqué jeudi au Parquet national financier (PNF) que « les éléments dont elle disposait ne permettaient pas d'étayer des allégations de manipulation de cours » du réassureur Scor.

Depuis plus de deux ans, la guerre fait rage entre ce dernier et une autre entreprise du monde de l'assurance, Covéa (marques MMA, MAAF et GMF), après que ce groupe a tenté de racheter le réassureur en 2018.

Scor avait sèchement rejeté cette proposition, ce qui avait conduit le groupe mutualiste à retirer son offre.

Avait suivi une succession de communiqués peu amènes de part et d'autre, et de manœuvres diverses à la suite desquelles le patron de Covéa, Thierry Derez, accusé de conflit d'intérêts par Scor, s'était d'abord mis en retrait du conseil d'administration du réassureur, avant d'en démissionner mi-novembre 2018.

Quelques mois plus tard, Scor avait décidé de porter l'affaire devant la justice en poursuivant Covéa et son patron Thierry Derez.

En mars dernier, l'assureur Covéa répliquait avec sa propre plainte auprès du parquet national financier, accusant Scor d'avoir gonflé artificiellement son cours de Bourse en rachetant ses propres actions fin 2018, alors que Covéa souhaitait racheter Scor, dont il est actionnaire minoritaire.

Le PNF a alors sollicité l'AMF pour examiner les conditions des rachats par Scor de ses propres actions entre le 25 octobre et le 10 décembre 2018 et leur impact sur le cours du titre. Suite à la réponse de l'AMF, le parquet n'a pas communiqué jeudi soir.

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Covéa avait également déposé une plainte pour abus de biens sociaux contre le PDG de Scor, Denis Kessler, visant une dépense de 16 millions d'euros de frais de conseils.

Le groupe Scor, dans un communiqué, s'est « félicité » de l'avis de l'AMF, rappelant qu'il avait déploré « une manœuvre mensongère et infondée du groupe Covéa » le jour de l'annonce du dépôt de la plainte, le 24 mars dernier.

Emblématique PDG de Scor depuis 2002, Denis Kessler quittera ses fonctions de directeur général à l'issue de l'Assemblée générale de juin, soit un an plus tôt que prévu.