Le groupe Covéa, poids lourd de l'assurance mutualiste qui regroupe les marques Maaf, MMA et GMF, a vu son bénéfice net fondre de moitié en 2020 sous l'effet de la crise sanitaire.

Covéa a dégagé un bénéfice net de 415 millions d'euros l'année dernière, contre 858 en 2019.

Cette baisse se traduit en grande partie par les « mesures massives de solidarité » en faveur des assurés et des sociétaires, selon Thierry Derez, PDG de Covéa, cité dans le communiqué.

Celles-ci ont représenté un montant de 363 millions d'euros et le groupe a également contribué au fonds de solidarité mis en place par l'Etat pour soutenir les PME et TPE.

En ajoutant également les contributions exceptionnelles en santé introduites par le législateur, l'ensemble des mesures de solidarité a coûté 457 millions d'euros à Covéa en 2020.

Et « nous ne sommes pas au terme de cette situation difficile, je pense que nous avons devant nous encore bien des obstacles à franchir », même s'ils devraient moins toucher le secteur de l'assurance, a averti lors d'une conférence de presse M. Derez.

Le chiffre d'affaires a, de son côté, diminué d'environ 4,5%, à 16,6 milliards d'euros, notamment du fait de la baisse de la collecte en assurance vie.

Le chiffre d'affaires du segment épargne-retraite a ainsi baissé de 16,2%, compensé en partie par la croissance des primes en assurance santé et prévoyance.

Avec la crise du Covid-19, les Français ont énormément épargné mais ce sont tournés vers les placements les plus liquides et ont boudé l'assurance vie.

Les primes acquises en assurances de personnes ont ainsi diminué de 8% au total en 2020 pour Covéa et celle en assurances de biens et responsabilité de 0,7%.

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Corrigé des impacts directs de la crise, les primes acquises ont progressé de 1,2% sur le marché des particuliers, tandis qu'elles ont baissé de 0,4% sur le marché des professionnels et des entreprises, « notamment sur le segment construction dont les primes sont liées à l'activité », a détaillé Maud Petit, directrice général des finances.

Interrogé sur la bataille judiciaire avec Denis Kessler, PDG du réassureur Scor, Thierry Derez a rappelé qu'une plainte avait été déposée par Covéa fin mars devant le parquet national financier contre M. Kessler, pour manipulation de cours et abus de biens sociaux.

« Ce que nous attendons de ces décisions, c'est tout simplement que cette affaire prospère », a-t-il déclaré.

Depuis le rachat avorté de Scor par Covéa, les deux groupes sont à couteaux tirés et un premier procès a pour le moment donné raison à Scor en condamnant M. Derez et Covéa à une amende de 20 millions d'euros. Le groupe mutualiste a fait appel de cette décision.