Les confinements et couvre-feux successifs, depuis 1 an, n’incitent pas les Français à dilapider leurs économies. Du moins les 25% de Français qui épargnent actuellement bien plus qu’à l’accoutumée. Nouvelle piste de Bercy pour éviter de bloquer cette « sur-épargne » : inciter, fiscalement, ces épargnants à donner à leurs enfants voire petits-enfants.

Près de 100 milliards d’euros s'amassent sur les comptes courants, par précaution et absence de loisirs, depuis le début de la crise sanitaire. Et la Banque de France anticipe déjà 200 milliards d’euros accumulés sur la période 2020-2021 si la situation n’évolue pas.

La « sur-épargne Covid-19 » devient un véritable sujet de préoccupation à Bercy, qui élabore des pistes pour inciter les Français à la dépenser. Parmi ces pistes : un « système incitatif pour donner envie aux Français de recourir à des transferts ou des dons entre générations », comme l’explique une « source ministérielle » ce lundi dans Les Echos. Plus concrètement : des « prêts ou dons entre générations », sous-entendu dans un cadre fiscal avantageux.

Une idée censée permettre de faire circuler l’épargne actuellement amassée chez certains ménages âgés et plus aisés que le moyenne, en les incitant à anticiper des dons à leurs enfants et petits-enfants. Ces derniers étant – dans l’esprit de cette mesure – censés être plus enclins à dépenser l’argent. Mais, les enfants de ces « gros épargnants » – puisque le système de donation permet déjà de transmettre jusqu’à 131 865 euros par enfant sans payer d’impôts, sur une période de 15 ans – font probablement eux-mêmes partie des ménages aisés. « Bénéficier d’un gros héritage est le plus souvent réservé aux catégories favorisées », comme le démontre l’Observatoire des inégalités dans une étude récente (1).

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Cette piste envisagée par Bercy ne fera pas l’unanimité, les économistes de gauche préconisant plutôt une taxe exceptionnelle sur l’épargne. Une idée inconcevable pour Bercy, où l’adage « pas de hausse d’impôt » est actuellement érigée en règle intangible. La piste des « prêts ou dons entre générations » séduit elle plutôt à droite de l’échiquier politique, à l’image d’Éric Woerth, président LR de la commission des finances à l’Assemblée nationale, toujours dans Les Echos : « Pouvoir donner plus sur une période courte permettrait de faire circuler l'argent à un moment où l'économie en aura besoin. »

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(1) « Les catégories sociales favorisées ont plus de chances de toucher un gros héritage », Observatoire des inégalités, juillet 2020.