La Fédération nationale des transports routiers (FNTR) s'est insurgée vendredi contre l'idée d'une écotaxe qui toucherait les poids lourds au niveau régional, comme l'envisage la loi Climat présentée mercredi au conseil des ministres.

« Si la mesure peut sembler attractive de prime abord, elle se révèle totalement contre-productive dans les faits » et « pénalisant en tout premier lieu les entreprises locales et donc l'activité de la région concernée », a pointé la FNTR, en notant que les deux tiers du transport routier en France se fait sur moins de 150 km.

« Mettre en place l'écotaxe revient à taxer en priorité les entreprises françaises de transport déjà largement en déficit de concurrence » par rapport à leurs homologues européennes. « Avec des marges très faibles de 1 à 2% les bonnes années, c'est la survie de ces entreprises qui est en jeu », a-t-elle souligné.

La fédération patronale conteste aussi l'argument du « pollueur payeur », le transporteur n'étant selon elle qu'un maillon de la chaîne logistique.

La FNTR relève que les camions n'émettent que 6% des émissions nationales de CO2, « ce qui est peu au regard du fait que 89 % des marchandises transportées le sont par la route ».

« Créer des éco-taxes, c'est également faire payer plus cher le consommateur final et il faut que nos politiques soient honnêtes là-dessus. Les entreprises devront répercuter cette hausse au consommateur sans que ce soit leur choix », pointe-t-elle.

La présidente de la région Ile-de-France Valérie Pécresse (Libres !) s'est dite mercredi favorable à la mise en place d'une écotaxe pour les camions circulant dans la région, d'autant qu'une bonne partie d'entre eux y sont simplement en transit.

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Mais son produit doit, selon elle, être réinvesti « dans l'amélioration de la route en Ile-de-France » et permettre d'aider au verdissement des flottes « des transporteurs qui travailleraient avec l'Ile-de-France », ainsi qu'à l'installation de bornes de recharge.

« Il faut une négociation avec les transporteurs parce qu'ils sont très, très durement impactés par la crise (sanitaire) et l'idée n'est pas de mettre à mal tout un secteur d'activité économique qui fait des faibles marges », a ajouté Mme Pécresse.

L'ensemble des organisations professionnelles du transport routier et de la logistique avaient déjà vertement critiqué mercredi le projet de loi Climat, qui est pour elles « un non-sens (...), inefficace sur le plan environnemental et dangereux au plan économique », rejetant toute hausse de la fiscalité pesant sur le secteur.