Le mois de janvier écoulé, c'est l'heure de faire le point sur les intérêts 2020 de vos placements bancaires. Mais comment les comparer en sachant que certains gains sont soumis aux prélèvements sociaux, voire à l'impôt sur le revenu ? Tour d’horizon avec prise en compte de la fiscalité, et premières esquisses pour 2021.

Livret A et LDDS : 0,50% net d’impôt

L’argent conservé pendant un an sur votre Livret A vous a rapporté très exactement 0,52% sur l'année 2020. Oui, 0,52% et non le 0,50% actuellement en vigueur, car votre Livret A rapportait encore 0,75% en janvier 2020. Pour 10 000 euros détenus en continu pendant 12 mois, vous avez théoriquement perçu 52 euros. Pour l'anecdote, les 56 millions de détenteurs de Livrets A en France ont perçu 28 euros d'intérêts 2020 en moyenne. Le taux est identique sur un Livret de développement durable et solidaire (LDDS).

Fiscalité. Les intérêts perçus sur ces livrets d’épargne réglementée sont entièrement défiscalisés : vous ne payez ni impôt sur le revenu, ni cotisations sociales.

Evolution 2021. La nouvelle formule de calcul ? Elle aurait abouti à une baisse du taux du Livret A et du LDDS. C'est donc le plancher réglementaire, de 0,50%, qui s'applique. Le taux n'a pas évolué au 1er février et, sauf improbable surprise politique, il n'évoluera pas en 2021.

Livret d’épargne populaire : 1% net d’impôt

En 2020, l’argent placé sur un Livret d’épargne populaire a généré très exactement 1,02%, soit 1,25% en janvier puis 1% les onze mois suivants. Autrement dit 51,06 euros si vous avez conservé 5 000 euros pendant l’ensemble de l’année 2020 sur votre LEP.

Fiscalité. Les intérêts perçus sur le LEP sont totalement défiscalisés.

Evolution 2021. Le taux du LEP est indexé sur celui du Livret A, avec une bonification de 0,5 point. La nouvelle formule prévoit en effet que son taux soit au moins supérieur à l’inflation... En cas de véritable rebond de l'inflation en 2021, le Livret A pourrait rester cantonné à 0,50% et le LEP redécoller. Possible, en théorie. Mais improbable.

Livret jeune : 0,75% à 2% net d’impôt

La rémunération des livrets jeunes est fixée librement par chaque banque, mais le taux doit nécessairement être égal ou supérieur à celui du Livret A. Ainsi la rémunération du livret jeune va actuellement de 0,75% jusqu’à 2%, voire plus mais seule la banque privée Milleis grimpe jusqu'à 2,50% pour son livret jeune. Dans les grands réseaux bancaires, ce livret limité à 1 600 euros et réservé aux 12-25 ans est le plus souvent rémunéré entre 1% et 1,50%.

Fiscalité. Comme le LEP ou le Livret A, la rémunération est nette d’impôt.

Evolution 2021. Le taux du Livret A n'évoluant pas, ces produits en partie corrélés au Livret A devraient rester stables. Ou éventuellement subir une très légèrement érosion des taux.

Livret bancaire : 0,12% avant la « flat tax »

Le taux des livrets bancaires « classiques », non réglementés, est fixé librement par chaque établissement. La rémunération moyenne des livrets bancaires a atteint un plancher historique cet automne, à 0,12% selon la Banque de France. Seules les offres promo à la souscription peuvent permettre d’espérer un taux supérieur ou une prime de bienvenue.

Fiscalité. Les intérêts annuels des livrets classiques sont soumis au prélèvement forfaitaire unique (PFU), ou « flat tax » : 17,2% de cotisations sociales et 12,8% d’impôt sur le revenu, soit 30% au total. Les ménages non imposables peuvent éviter l’impôt sur le revenu, mais restent soumis aux cotisations sociales. Schématiquement, un livret rémunéré à 0,12% brut ne vous rapporte donc que 0,08% net d'impôt, après flat tax. Ou 0,07% pour un taux brut de 0,10%. A ce rythme, il vous faudrait plus de 1 000 années pour doubler votre épargne sur un livret affichant un taux aussi bas.

Evolution 2021. Le contexte de taux très bas ne permet pas encore d’envisager un rebond.

PEL : au moins 1% avant impôt

L’avantage du Plan épargne logement, pour l’épargnant, est de profiter d’un taux contractuel : le taux fixé à l’ouverture est celui qui s’applique jusqu’à la clôture du plan ! Or certains vieux PEL sont rémunérés à 2,50% voire à plus de 3% bruts, et tous les plans ouverts avant mars 2011 ne prévoient pas de durée limitée de détention ! Les plans plus récents prévoient eux une durée maximale de 15 ans. Et l’ouverture d’un PEL ne permet désormais plus que de bénéficier d’un taux de 1%.

Fiscalité. Tout PEL ouvert depuis 2018 est imposé dès sa première année de détention. Comme les livrets bancaires, les intérêts de 1% sont donc soumis à la flat tax (30%), ce qui correspond à un rendement de 0,70% net d’impôt (1).

Evolution 2021. A ce jour, aucune évolution n’est attendue. Quid du Compte épargne logement (CEL) ? Indexé sur le taux du Livret A, sa rémunération est elle figée à 0,25% avant « flat tax », soit 0,18% environ « net ».

Assurance vie, fonds en euros : environ 1% avant impôt

La rémunération du support sans risque de l’assurance vie, le fonds en euros, ne cesse de s'éroder : 1,83% en moyenne en 2017 comme en 2018, puis 1,46% en 2019 selon le gendarme du secteur, l'ACPR. La rémunération de l’année 2020 sera encore moins attrayante ! Dans une conjoncture très défavorable, ces fonds à capital garanti sont attendus entre 1% et 1,10% en moyenne, pour reprendre la prévision du cabinet Facts & Figures, référence du secteur. La plupart des assureurs ont dévoilé leurs rendements, qui vont de 0,50% dans certaines banques à 1,90% pour les meilleurs fonds. Un seul fonds en euros « classique » dépasse les 2%... mais il fait l'objet de frais sur versement, et c'est l'exception qui confirme la règle !

Tous les détails sur les taux 2020 de l'assurance vie

Fiscalité. Exprimé en « net de frais de gestion », le rendement d’un fonds euros n’est en revanche pas net d’impôt ! Sur tous les contrats récents, les intérêts annuels sont immédiatement amputés des cotisations sociales (17,20%). Un rendement annoncé à 1% pour 2020 vous rapporte donc un peu moins de 0,83%. Par ailleurs, selon le montant et la date de vos retraits, vos gains peuvent être partiellement soumis à l’impôt sur le revenu.

Evolution 2021. Aucun rebond n’est attendu à court terme.

Assurance vie, unités de compte : résultats variés face au yo-yo des marchés

Impossible, à ce jour, de livrer une estimation de performance 2020 pour les unités de compte (UC) de l’assurance vie. Mais la moyenne de l’ensemble des supports en UC, sans garantie en capital, sera forcément moins bonne que celle de 2019 (+13,9% après avoir affiché une performance moyenne de -8,1% en 2018 selon la FFA). Les marchés boursiers ont signé une année record en 2019, avant de vivre sur courant (très) alternatif en 2020. Les supports en UC ne sont toutefois pas nécessairement liés aux indices bousiers : les fonds immobiliers, par exemple, sont moins dépendants des marchés financiers.

Les premiers résultats des gestions pilotées sont globalement positifs sur l'année 2020, alors que le CAC 40 a terminé l'année dans le rouge, à -7,14%. Pour rappel, à la différence du fonds en euros, il n’existe pas « d’effet cliquet » pour les UC. Les gains d’une année peuvent être perdus l’année suivante, même si les supports en UC sont potentiellement plus rémunérateurs sur la durée.

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Fiscalité. Les plus-values réalisées grâce aux UC sont constatées au moment du retrait, partiel ou total, sur votre assurance vie. Elles sont alors soumises aux cotisations sociales (17,20%) et éventuellement à l’impôt sur le revenu, au niveau du prélèvement forfaitaire unique.

Evolution 2021. En fonction de l’évolution des marchés financiers.

Epargne salariale : dans le rouge, mais...

Les fonds référencés sur les plans d’épargne salariale (PEE, Perco ou désormais PER entreprise), les FCPE, varient comme les UC de l’assurance vie au gré des soubresauts des marchés. Les performances moyennes de l'année 2020 ne sont pas encore connues… Quelques indices tout de même : les fonds « monétaires » sont durablement perdants (à zéro ou en dessous), les fonds obligataires proches de zéro, et les fonds « diversifiés » ou « actions » ont plongé au printemps 2020... avant de rebondir en fin d'année. A titre indicatif, étant donné l’extrême diversité des fonds, la Banque de France estime à -2,8% la performance annuelle des « fonds d’épargne salariale » à la fin novembre 2020, à comparer avec un gain de 13,4% fin décembre 2019. Pour connaître les performances de votre PEE, il faut consulter votre relevé annuel.

Fiscalité. Dans le cas d’un PEE, le plus courant des plans d’épargne salariale, vous êtes exonéré d’impôt sur le revenu sur les gains lors du déblocage du plan. Mais vous payez tout de même les cotisations sociales (17,2%).

Evolution 2021. En fonction des marchés financiers.

Plan d'épargne retraite : premiers pas encourageants

Le Plan épargne retraite (PER) a officiellement été lancé en octobre 2019. Et de nombreux établissements n'ont lancé leur PER qu'au milieu de l'année 2020. En ce début 2021, les assureurs dévoilent donc les premiers rendements sur les fonds en euros de leurs PER. Traditionnellement, les fonds en euros présents sur les produits « retraite » (Perp et Madelin) font jeu égal avec les fonds de l’assurance vie. Sans surprise, pour mettre en avant ce nouveau produit, les premiers rendements sont soit identiques, soit meilleurs que ceux de l'assurance vie. Un exemple : au Crédit Agricole le fonds en euros du tout nouveau contrat PER Perspective grimpe à 1,70% net de frais de gestion quand l'assurance vie « star » ne rapporte elle que 0,65% sur son fonds en euros.

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Fiscalité. Au moment de verser sur un PER, vous avez le choix : réduire ou non votre revenu imposable. Selon ce choix, votre épargne sera plus ou moins fiscalisée à la sortie : l’impôt portera sur les gains ou le capital + les gains.

Evolution 2021. Probablement dans la continuité favorable de 2020. Mais attention à ne juger un PER uniquement au regard des performances 2020 de son fonds en euros. « Les performances passées ne préjugent pas des performances futures », surtout pour un produit fraîchement sorti des cartons. Pour un placement de long terme, il faut aussi guetter le niveau de frais, entre autres.

Bourse : l'incertitude de la crise « Covid-19 »

La définition même du yo-yo ! Ces dernières années, si l'on se concentre sur l’indice de référence en France, le CAC 40, la bourse est plus que jamais volatile : 2018 avait été clôturée en recul de -12%, sous les 4 700 points, puis l’indice parisien a bouclé 2019 sur une hausse globale de plus de 26%, proche des 6 000 points… puis l'année 2020 a commencé par un krach, le CAC 40 tombant brutalement sous les 3 800 points, avant de remonter la pente. Et de limiter la casse, avec une baisse modérée de « seulement » 7% en 2020.

Mais attention, les indices boursiers ne représentent qu’une photographie d’ensemble, et n’intègrent pas les dividendes : tout dépend des sociétés sur lesquelles vous avez investies. Pour prendre en compte le réinvestissement des dividendes, suivez l'indice CAC 40 GR, en repli de 5,57% en 2020.

Fiscalité. Les plus-values réalisées sur un compte-titres sont soumises à la « flat tax » (30% au total), sauf option fiscale contraire. Si vous investissez en bourse via un Plan d’épargne en actions, vos gains sont soumis aux cotisations sociales (17,2%) mais pas à l’impôt sur le revenu à condition de conserver le plan 5 ans minimum. Pour les dividendes, vous pouvez bénéficier d'un abattement, mais uniquement si vous renoncez à la flat tax sur l'ensemble de vos placements.

Evolution 2021. Face aux très lourdes incertitudes liées à la crise sanitaire, le premier conseil est, encore et toujours, de diversifier vos investissements.

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(1) Pour l’ensemble des placements soumis au prélèvement forfaitaire unique (PFU), les ménages modestes peuvent réclamer une dispense d’acompte, à condition de la demander à temps, et peuvent opter pour l’option d’imposition au barème s’ils ne sont pas imposables.