Électricité, gaz, carburants : les prix de l’énergie sont à la hausse en ce début d’année 2021. Cette tendance est-elle durable ? Quelle sera son ampleur ? Qu'est-ce qui pourrait causer un retournement ?

Électricité : vers une cinquantaine d’euros de hausse ?

Si, comme on le verra plus tard, la tendance est assez indécise pour le gaz et le carburant, elle est plus claire pour l’électricité : les abonnés doivent s’attendre à des hausses en 2021. Ce dès le début de l’année : le 1er février, au cœur de l’hiver, le tarif réglementé de l’électricité - le fameux tarif bleu d’EDF - devrait, selon Le Parisien, augmenter de 1,73%. Soit 16 euros de plus sur une facture annuelle moyenne estimée à 1 522 euros par ménage en 2020. Fin septembre 2020, ce tarif bleu concernait encore 72,5% des sites résidentiels raccordés à l’électricité, soit plus de 23 millions de ménages, selon la Commission de régulation de l’énergie (CRE). L'augmentation, toutefois, touchera encore plus de monde : les prix d’une grande partie des offres dites « de marché », proposées par EDF ou des fournisseurs alternatifs, sont en effet indexés sur les tarifs réglementés.

Et ce n’est pas fini, malheureusement. À compter du 1er août prochain, le tarif d'utilisation du réseau public d'électricité (TURPE) va augmenter. Cette taxe, payée via la facture d’électricité par les consommateurs pour l’utilisation des réseaux de transport et de distribution d’électricité, représente environ un tiers du tarif réglementé de vente. Justification de cette hausse : permettre à RTE et Enedis, qui gèrent ces réseaux, de financer les investissements nécessaires pour que la France réussisse sa transition énergétique. Selon la CRE, la hausse de la facture annuelle d’un particulier sera « d’environ 15 euros (…) à l’horizon 2024 ».

Dans le même temps, plusieurs facteurs concourent pour accentuer la hausse, notamment le renchérissement du prix des matières premières et le rattrapage progressif des augmentations tarifaires gelées en 2019, dans le contexte de la crise des Gilets jaunes. Au total, l’inflation sur la facture annuelle moyenne pourrait ainsi approcher des 50 euros, selon un récent rapport de Capgemini.

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Le prix de gaz en phase ascendante

L’année 2021 a débuté par une petite hausse (+0,2%) des tarifs réglementés hors taxes proposés par Engie, l’ex Gaz de France. Pas de quoi annuler les baisses de 2020 : l’an passé, le prix du gaz a chuté de près de 6% sur 12 mois.

Il y a peu de chances, toutefois, qu’on atteigne un tel chiffre en 2021. La petite augmentation du 1er janvier confirme en effet un retournement de tendance entamé depuis août 2020 : le prix régulé du gaz, mis à jour chaque mois par les pouvoirs publics sous la supervision de la Commission de régulation de l’énergie, est de nouveau en phase ascendante. Une pente artificiellement douce : depuis juillet 2020 et jusqu’au mois prochain, le régulateur lisse, à la demande du gouvernement, l’évolution du tarif réglementé de vente, pour éviter des fluctuations trop importantes. À l’origine de cette demande, la crainte de hausses brutales des prix fin 2020, après que le déclenchement de la crise sanitaire ait entraîné une chute historique des prix du gaz naturel en Europe.

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Qu’en sera-t-il dans les mois à venir ? Tout porte à croire que cette tendance devrait perdurer. Il faudra regarder de près, toutefois, l’évolution de la pandémie de Covid-19 et son impact sur la demande mondiale en gaz naturel. Si celle-ci continuait à augmenter, les coûts d’approvisionnement d’Engie resteraient à la hausse et avec eux les tarifs réglementés. En revanche, si la demande venait à chuter, par exemple en raison d’une chute de l’activité à cause du Covid ou d’un hiver trop doux, les prix pourraient repartir à la baisse.

Incertitudes sur les carburants

Anticiper l’évolution du prix des carburants sur l’année 2021 n’est pas non plus une tâche facile. Comme celui du gaz, le prix du pétrole est fortement lié à la situation macroéconomique. Ce sont d’ailleurs les annonces successives de mises au point de vaccins contre le Covid, depuis novembre, qui ont relancé la demande mondiale et tiré le cours du baril de brut vers le haut.

Résultat : dans l’immédiat, la tendance des prix à la pompe est à la hausse. Au 1er janvier 2021, le prix de vente moyen du litre de gazole était de 1,2754 euro, contre 1,2465 euro un mois plus tôt. Celui du litre de Super SP95-E10 a atteint, lui, 1,3537 euro, contre 1,3290 euro début décembre. La tendance est la même pour le Super SP95-E5 (1,3693 contre 1,3455) et le Super SP98-E5 (1,4292 contre 1,4082). Cette tendance sera-t-elle durable ? Oui, sauf nouvelle dégradation brutale de la situation sanitaire. Car il y a encore de la marge : les prix à la pompe sont en effet encore loin d’avoir rattrapé leurs niveaux d’avant-crise. Début 2020, il fallait ainsi compter 1,4841 euro pour un litre de gazole et 1,6006 euro pour un litre de SP98.