La crise sanitaire bouleverse la distribution des calendriers de fin d'année. Une mauvaise nouvelle pour les pompiers et les facteurs qui comptent beaucoup sur ces rentrées d'argent de fin d'année. Pour limiter la casse, ils tentent de s'adapter tout en respectant les gestes barrières.

Avec l’épidémie de Covid-19, c’est une habitude qui est particulièrement bousculée : la vente de calendriers. C’est le cas des pompiers pour lesquels cette activité permet de financer leurs œuvres sociales. A Rouffiac-Tolosan à l’est de Toulouse, les pompiers ont fait savoir juste avant le début du reconfinement, fin octobre, que la tournée auprès de la population était décalée vu le contexte. Dans le Calvados, par exemple, elle ne devrait pas commencer avant le 15 décembre, date prévue du déconfinement.

Et pour distribuer les calendriers, tout en respectant les gestes barrières, de nombreux pompiers vont proposer aux particuliers de payer en sans contact. SumUp, une entreprise spécialisée dans les solutions de paiement vient d’annoncer la fourniture de 7 000 terminaux aux sapeurs-pompiers de France.

Paiement sans contact : ce qu'il faut savoir pour régler jusqu'à 50 euros

« Offrir la possibilité aux Français, en particulier aux jeunes, qui n’ont pas de liquide sur eux mais qui désirent pourtant nous montrer leur soutien et leur reconnaissance, peut faire la différence cette année. Et pour certains d’entre eux, ce sera sûrement leur tout premier don et donc calendrier ! », estime le porte-parole de la Fédération nationale des sapeurs-pompiers de France, Éric Brocardi.

Dans l’intervalle, à Paris comme ailleurs, les pompiers s’adaptent pour commencer à écouler leurs stocks. Il est ainsi possible de faire un don en ligne puis de recevoir son calendrier par courrier.

Une solution adoptée aussi par les pompiers de Lorient : « Du fait de notre profession, on s'est dit que ce ne serait pas très responsable de ne pas montrer l'exemple. On ne se voyait pas trop aller au contact des gens en ce moment. On ne se voyait pas aller sonner chez eux en pleine crise sanitaire. Alors on a décidé de faire comme ça », explique un responsable auprès de France 3 Bretagne.

Autre solution, à Etampes, en Essonne, c’est chez le boucher que les particuliers peuvent acheter le calendrier des pompiers, privés de tournée. « Nous avions à peine commencé les distributions lorsque nous avons dû arrêter. Quand la boucherie nous a contactés, ça a été un réel soulagement car nous en avions commandé 6 000 exemplaires. La vente de ces calendriers représente plusieurs milliers d'euros pour l'Amicale. Cet argent sert à améliorer le quotidien des pompiers au sein du service, pour le Noël des enfants ou encore lors de sorties », explique au Parisien le président de l’Amicale des sapeurs-pompiers, Frédéric Warlus.

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« Les postiers risquent d’en vendre moins »

Tout comme les pompiers, les facteurs aussi sont impactés. La distribution de calendriers qu’ils ont eux-mêmes commandé leur permet normalement d’arrondir leur paye de décembre. Selon les calculs réalisés par Le Monde l’an dernier, cette activité qui se fait en dehors des heures de travail générerait « à la louche » 100 millions d’euros de chiffre d’affaires grâce à la vente d’une petite dizaine de millions de calendriers. Une somme à relativiser puisqu’il faut déduire les frais de fabrication qui tournent autour de 2 euros par calendrier.

Mais vu le contexte, « les postiers risquent d’en vendre moins », explique à MoneyVox Philippe Charles, délégué syndical de la CGT La Poste en Bretagne. La procédure risque aussi d’être plus compliquée d’après les premiers retours du terrain qu’il a obtenus. Pour éviter les contacts, les facteurs qui connaissent bien leurs clients, notamment en zone rurale, vont déposer le calendrier dans la boîte aux lettres et ils pourront en échange récupérer l’argent placé dans une enveloppe.

Combien donner ?

Vu le prix du calendrier acheté par le professionnel, si vous lui laissez 5 euros ou moins, la marge est très réduite au regard du déplacement, souvent le soir. Si possible, donnez 10 euros, au minimum, et plus encore si le travail de votre facteur ou des pompiers mérite mieux à vos yeux.

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