Cette année, le Black Friday est repoussé d'une semaine en France. Certains consommateurs pourraient être tentés d'en profiter plus tôt sur les sites étrangers de commerce en ligne. Cet événement commercial incontournable pour les commerçants est-il le moyen le plus sûr de faire une bonne affaire pour le consommateur ?

Année après année, c’est un phénomène qui a pris de l'ampleur. Le Black Friday représente 6 milliards d’euros de chiffre d’affaires en France avec la possibilité de réaliser des achats avec des ristournes jusqu’à plus de 80%, en théorie. Initialement prévue au cours du week-end du 27 novembre, l’opération a été décalée d’une semaine. Et ceci afin de permettre la réouverture de l’ensemble des commerces dès samedi « dans des conditions de sécurité sanitaire maximale », explique le gouvernement qui a arraché ce report de haute lutte avec les acteurs de la grande distribution, du commerce et du commerce en ligne. Une décision qui doit notamment permettre d'éviter des attroupements dans les magasins alors que l'épidémie de Covid-19 sévit toujours.

Quel est le budget prévu par les Français ?

Deux tiers des consommateurs sont intéressés par le Black Friday cette année, selon une enquête de Pwc (1), avec un budget moyen de 245 euros, en hausse de 5% comparé à l’an dernier. C’est l’occasion pour beaucoup d’acheter leurs cadeaux de Noël en avance. D'ailleurs, 35% des achats lors de cet évènement se retrouveront sous le sapin. Et selon les personnes interrogées, 70% des achats se feront en ligne, 10 points de plus que l’an passé.

Des prix cassés toujours intéressants ?

Méfiez-vous. L’UFC-Que Choisir met en garde une nouvelle fois les consommateurs, contre « les nombreuses arnaques et fausses promo du Black Friday. En effet, en l’absence de cadre légal sur les réductions de prix, les professionnels augmentent leurs prix quelques semaines avant l’opération, afin de claironner des promotions « Black Friday » sur ce prix plus élevé. C’est un tour de passe-passe invisible pour les consommateurs qui permet de leur vendre les mêmes produits, aux mêmes prix tout en leur faisant croire à une bonne affaire. » Dans la foulée, l’association de consommateurs a enjoint vendredi six enseignes (Boulanger, Fnac, Rue du Commerce, Darty, Cdiscount, Rakuten) de cesser « sans délai » leur campagne publicitaire qu'elle juge « illégale » pour le « Black Friday ».

« Dans le cadre de la loi anti-gaspillage, un amendement assimilant les publicités pour le Black Friday ou autres opérations commerciales coordonnées à des pratiques commerciales trompeuses a été adopté », explique l’UFC-Que Choisir. De son côté, la Répression des fraudes a constaté aussi des pratiques commerciales trompeuses dans une récente enquête.

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Profiter du Black Friday sur les sites étrangers, une bonne idée ?

L’opération est déplacée de 7 jours, mais seulement en France bien que des offres à prix cassés soient déjà proposées, sans référence explicite au Black Friday. Rien ne vous empêche d’en profiter plutôt sur des sites étrangers qui affichent la couleur. Sur la version américaine ou britannique d’Amazon par exemple, le « Black Friday week » bat son plein. Mais pas sûr que les internautes français soient si nombreux à en profiter selon Yves Marin, un expert de la consommation, associé au sein du cabinet Bartle : « Cela devrait rester marginal : il y a la barrière de la langue ou encore les frais de livraison plus élevés ». Sans oublier qu’il faut aussi prévoir d’investir dans un adaptateur si vous achetez des produits électroniques venant d’outre-Manche ou d’outre-Atlantique, par exemple.

Peut-on faire ses achats en toute sécurité ?

Vu l’enjeu du Black Friday, les escrocs ne sont jamais loin. Il faut dire que la tentation est grande. L’an passé, plus de 56 millions de paiements par carte bancaire avaient été réalisés le 29 novembre, date officielle de l’opération. De quoi attirer les cybercriminels. « Vérifiez la réalité et la notoriété des sites sur lesquels vous allez faire vos achats : assurez-vous que vous n’êtes pas sur une copie frauduleuse d’un site officiel ou sur un site créé pour la circonstance qui propose des affaires comme on n’en voit nulle part ailleurs mais qui n’a en réalité pas pour autre objet que de vous escroquer », avertit le ministère de l’Intérieur.

La Répression de fraude elle aussi a mis en garde les consommateurs jeudi dans un communiqué listant une série de recommandations : prenez toujours le temps de la réflexion avant d’acheter un article « coup de cœur » ; vérifiez que les sites sur lesquels vous effectuez vos achats sont dignes de confiance (mentions légales, identité du vendeur, raison sociale…) ; préférez les sites des distributeurs ou commerçants que vous connaissez ; soyez attentifs au montant des frais de port ou d’éventuels frais de douane ; assurez-vous que le paiement soit sécurisé (https ou logo de cadenas à côté de l’URL)...

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(1) Etude réalisée sur un échantillon de 2 006 personnes de 18 ans et plus, interrogées par questionnaire auto-administré en ligne par Opinium Research. Enquête réalisée entre le 3 et le 6 novembre 2020.