Les pays africains dont les monnaies sont arrimées à l'euro résistent mieux au choc économique provoqué par la pandémie de Covid-19 que le reste de l'Afrique sub-saharienne, selon un rapport de la Banque de France publié mercredi.

Ces pays « devraient faire face en 2020 à une récession de 0,4%, nettement moins marquée toutefois que celle de l'Afrique subsaharienne dans son ensemble » (-3,0%), selon la banque centrale française.

En 2019, la croissance était en moyenne de 4,5% dans pays de l'Union économique et monétaire ouest-africaine (UEMOA), de la Communauté économique et monétaire de l'Afrique centrale (CEMAC) et de l'Union des Comores, soit davantage que les 3,2% enregistrés par l'ensemble de l'Afrique sub-saharienne.

Cette année, la croissance devrait rester positive dans l'UEMOA (1,3%) et aux Comores (0,9%), d'après la Banque de France, ce qui représente toutefois un recul du produit intérieur brut (PIB) par habitant, étant donné la croissance démographique élevée de ces pays.

Une récession de 3,1% est en revanche attendue pour la CEMAC, dont les pays sont fortement dépendants des exportations de pétrole.

Par ailleurs, à 0,3% en 2019, le niveau d'inflation est dans l'ensemble de la zone franc est beaucoup plus bas que dans l'ensemble de l'Afrique subsaharienne (8,4%), ce qui rend la croissance plus inclusive car les plus pauvres sont en général davantage touchés par la hausse des prix.

« Ces pays ont un niveau d'inflation qui est très lié à celui de la zone euro, mais qui est normalement plus proche de 2% », a expliqué à l'AFP Vincent Fleuriet, chef de la division Afrique et développement de la Banque de France.

Les prix ont même reculé de 0,7% l'an dernier en Afrique de l'Ouest (UEMOA) « en raisons de récoltes particulièrement abondantes », précise M. Fleuriet.

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Pour cette année dans la zone franc, « l'inflation progresserait, en dépit du ralentissement économique, à 2,1%, contre 10,6% dans l'ensemble de l'Afrique subsaharienne », prédit la Banque de France.

A cause de la récession mondiale provoquée par la pandémie de Covid-19, des pays comme le Nigeria ou l'Afrique du Sud, poids lourds économiques du continent, « ont vu leur taux de change reculer fortement et des tensions inflationnistes s'ajouter à la crise économique pour réduire le pouvoir d'achat et la consommation de ces pays », détaille M. Fleuriet.

Aux termes d'un accord conclu fin 2019 avec Paris, le franc CFA de l'UEMOA, qui compte huit pays (Bénin, Burkina Faso, Côte d'Ivoire, Guinée-Bissau, Mali, Niger, Sénégal et Togo) va disparaître au profit d'une devise appelée l'Eco, mais dont la parité avec l'euro est maintenue.