La France va taxer les géants de la tech en décembre, après l'échec des négociations à l'OCDE, a confirmé dimanche le ministre de l'Économie, Bruno Le Maire, sur France 3.

« Nous avions suspendu la perception de la taxe le temps que la négociation de l'OCDE aboutisse. Cette négociation a échoué, nous percevrons donc une taxe sur les géants du digital en décembre prochain », a-t-il dit, lors de l'émission Dimanche en Politique.

« La France doit être fière d'être l'un des premiers pays en Europe, avec l'Espagne, avec l'Italie, avec l'Autriche à percevoir une taxation juste sur les gens du digital, dont je rappelle qu'ils sont les seuls vainqueurs de cette crise », a souligné le ministre.

Lundi dernier, les 137 pays négociant sous l'égide de l'OCDE ont échoué à trouver un accord pour que les grandes entreprises du numérique « paient leur juste part d'impôt ».

Si l'OCDE est confiante d'aboutir d'ici la mi-2021, son secrétaire général Angel Gurria a prédit, en cas d'échec définitif, « une multiplication des actions unilatérales, des mesures de représailles », et in fine, une nouvelle « guerre commerciale ».

Ces nouvelles règles fiscales, en plus de pacifier les relations économiques internationales, pourraient rapporter 200 milliards de dollars par an, bienvenus alors que la pandémie a « creusé les déficits » publics, avait fait valoir M. Gurria lors d'une conférence de presse. En face, les géants du numérique ont « tiré profit » de la numérisation de l'économie, accélérée par les diverses mesures de confinement dans le monde.

A titre d'exemple, Facebook a réalisé un chiffre d'affaires de près de 70 milliards de dollars en 2019, mais a payé 8,46 millions d'euros d'impôt sur les sociétés en France en 2019. Une partie infime des 6,3 milliards d'impôts acquittés par le groupe, essentiellement aux Etats-Unis.