Il n'y aura « pas de condition » à la baisse de 10 milliards d'euros des impôts de production des entreprises en 2021, a martelé le ministre de l'Economie Bruno Le Maire lundi, quand la gauche et quelques voix chez LREM demandent des « contreparties » sociales et écologiques.

« Nous ne demanderons pas de condition à cette baisse d'impôts. Tout simplement parce que nous ne faisons que rétablir l'équité fiscale entre la France et les autres pays de l'Union européenne », a-t-il estimé, en ouverture des débats sur le projet de loi de finances pour 2021 à l'Assemblée.

« Il faut savoir ce que nous voulons. Si nous voulons réussir la relocalisation industrielle, ouvrir de nouvelles usines, créer de nouveaux postes pour les ouvriers, il faut engager sans délai la baisse des impôts de production en France », a souligné M. Le Maire dans l'hémicycle.

Quelques heures plus tôt, le Premier ministre Jean Castex avait toutefois estimé sur Franceinfo que le débat sur les éventuelles contreparties des entreprises aux aides octroyées dans le cadre du plan de relance était « légitime », mais qu'il devait « se traiter entreprise par entreprise ».

La gauche mais aussi certains élus LREM ont prévu de réclamer des « contreparties » sociales ou écologiques à ces aides aux entreprises.

Le PS critique des baisses d'impôts qui n'auront « aucun impact à court terme » et ne « répondent pas à l'urgence de la crise ». Les ex-« marcheurs » du petit groupe écolo EDS contestent également « l'absence d'engagements en matière de protection de l'environnement » et des aides bénéficiant « majoritairement aux grandes entreprises ».

Ils fustigent des « renoncements » sur certaines mesures défendues par la convention citoyenne pour le climat comme la proposition d'une « taxe au poids » pour les voitures neuves.

« Nous nous en tiendrons à la ligne fixée par le président de la République et dont dépend le succès de la relance : aucune augmentation d'impôt, aucun nouvel impôt », a fait valoir Bruno Le Maire.

Le ministre de l'Economie a toutefois souhaité que les entreprises « s'engagent dans trois directions »: « la baisse des émissions de CO2 », la « parité et l'égalité femme-homme » et la « promotion du dialogue social ».

« Je suis favorable à la création d'un bilan d'émissions de gaz à effet de serre simplifié mais obligatoire pour toutes les entreprises de plus de 250 salariés à court terme, et pour les entreprises de plus de 50 salariés dans un second temps », a-t-il précisé sur le premier point.