Les erreurs dans le calcul des prestations sociales représentent 5 milliards d'euros selon les estimations de la Cour des comptes. Elle constate une forte hausse des couacs sur le versement des pensions de retraite.

« Les erreurs sont trop fréquentes. Des progrès sont indispensables. » Dans son rapport sur la Sécurité sociale publié mercredi, la Cour des comptes pointe du doigt un certain nombre d'erreurs lors du versement des prestations sociales. Elles représentent, selon les estimations, au moins 5 des 403 milliards d'euros versés à 60 millions de bénéficiaires. C'est la branche famille de la Sécu qui concentre le plus gros montant d'erreur : 3,3 milliards d'euros en 2018, contre 2 milliards en 2014, qui touchent principalement le RSA, la prime d’activité et les aides au logement.

Ces erreurs sont de plusieurs natures et peuvent provenir des données déclarées par les bénéficiaires des prestations (si c'est intentionnel, il s'agit d'une fraude) ou résulter d’erreurs de traitement des données par les caisses elles-mêmes. Certaines prestations comme celles couvrant l'invalidité ou les maladies et accidents du travail n'ont pas de taux d'erreur fiable par manque de mesures.

Des erreurs qui dépassent parfois 1 000 euros

Globalement, une majorité d'erreurs sont en faveur du bénéficiaire de la prestation, juge la Cour des comptes. Néanmoins, les pensions de retraite font exception puisque deux tiers des erreurs sont en défaveur du retraité. « En 2019, le montant moyen des erreurs affectant les prestations nouvellement attribuées (ou révisées) était de 554 euros par an et le montant médian de 124 euros ; 9% des erreurs dépassaient 1 000 euros, note le rapport. Entre 2016 et 2019, la proportion de prestations de retraite affectées par une erreur de portée financière est passée de 11,5% à 15,3%. Leur incidence financière a doublé, passant de 0,9% à 1,8% du montant des prestations nouvellement attribuées ».

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La Cour des comptes préconise de réduire au maximum la saisie manuelle d'informations donnant droit à une prestation sociale, ce qui est déjà le cas pour 50% des dossiers traités par la CAF en 2019, par exemple.