Le service de la répression des fraudes a perquisitionné jeudi à Romans-sur-Isère (Drôme) le siège social du groupe SFAM, spécialisé dans l'assurance des appareils électroniques, déjà épinglé l'an dernier pour ses pratiques commerciales.

La direction générale de la concurrence, de la consommation et de la répression des fraudes (DGCCRF) du ministère de l'Economie a confirmé vendredi « que des investigations à (son) initiative (...) se sont déroulées auprès de cette entreprise dans le cadre de suspicion d'infractions au code de la consommation ».

Le court courriel du ministère ne précise pas les infractions susceptibles d'être reprochées au groupe drômois, l'une des plus belles « success stories » de l'assurance française.

Sollicitée par l'AFP, la SFAM n'avait pas répondu en milieu de journée.

Selon le quotidien régional Le Dauphiné libéré, qui a révélé l'affaire, les enquêteurs ont débarqué jeudi vers 9H00 au siège flambant neuf de l'entreprise en demandant à une partie des employés de quitter leur poste en laissant leur ordinateur allumé et de ne revenir que le lendemain.

En juin 2019, la DGCCRF avait infligé à la SFAM une amende chiffrée aux alentours de 10 millions d'euros, pour avoir proposé lors de l'achat d'un appareil électronique un contrat d'assurance faussement présenté comme sans engagement.

Au printemps dernier, le fondateur de l'entreprise Sadri Fegaier assurait avoir tourné cette page.

« Nous avons beaucoup travaillé, avec beaucoup de sérieux, pour renforcer nos formations et pour être à 100% au niveau qualité », avait-il indiqué à l'AFP.

« Les efforts ont payé - on est quasiment au niveau zéro au niveau réclamations », assurait-il alors.

En vingt ans, l'entreprise fondée à partir d'une page blanche par M. Fegaier, un fils d'immigrés tunisiens, est devenu un poids lourd du secteur de l'assurance affinitaire. La société compte à son capital des actionnaires prestigieux comme les fonds Ardian, la Caisse des dépôts et le fonds souverain émirati Mubadala.

Dans son métier d'origine dans l'assurance, la société a réalisé un volume d'affaires de 740 millions d'euros en 2019 et prévoyait de franchir la barre du milliard d'euros cette année. Elle développe parallèlement une chaîne de magasins « en dur », baptisée Hubside, commercialisant divers produits et services électroniques.