Les superviseurs européens de la finance appellent mardi les établissements financiers du Vieux continent à la vigilance, dans un contexte de turbulences sociales et de défis économiques « sans précédents », de nature à fragiliser leur rentabilité et leur matelas de liquidité.

« L'épidémie de coronavirus a provoqué d'énormes perturbations sociales et des défis économiques sans précédents, avec des conséquences inévitables pour le secteur financier de l'Union européenne », s'inquiètent dans un rapport commun l'Autorité bancaire européenne (EBA), l'Autorité des marchés financiers (ESMA) et l'Autorité des assurances (EIOPA).

Plus précisément, « la pandémie fait naître des risques de liquidité dans des segments du secteur des fonds d'investissement. Elle a aussi pour conséquence d'amplifier les inquiétudes sur la rentabilité de tous les secteurs financiers, et devrait se traduire par une détérioration de la qualité des actifs au sein du secteur bancaire européen », ajoutent les trois autorités.

Pour ne rien arranger, d'éventuelles secousses pourraient naître de la sortie programmée du Royaume-Uni hors de l'Union européenne ces prochains mois, pointent-elles encore.

Dans ce contexte, elles appellent les institutions financières « à être prêtes à de possibles nouvelles corrections des marchés et à la détérioration de la liquidité financière globale ».

En outre, « les banques et les superviseurs devraient évaluer de manière rigoureuse la qualité des actifs dans les portefeuilles » et considérer dans leur préparation le caractère seulement « temporaire » des mécanismes de moratoire sur les prêts, ajoutent-elles.

Elles appellent en outre le secteur financier à rester vigilant concernant la solidité de son assise financière, tout en faisant usage « des flexibilités offertes par le cadre réglementaire » pour continuer à être en mesure de prêter à l'économie.

Les trois autorités soulignent que les établissements financiers doivent se préparer à un environnement prolongé de taux d'intérêt très bas, qui va pénaliser la rentabilité des banques et fragilisent l'activité des assureurs vie et des fonds de pension.