Au-delà du bonus-malus, le calcul de la prime annuelle de l'assurance auto tient aussi au profil conducteur dressé par l'assureur. Voici ce qui fait de vous un bon ou un mauvais client.

Si la Maif et la Matmut ont promis un gel du montant des primes d’assurance auto, les premières estimations jugent plausible une hausse de 1,5 à 2% de la cotisation annuelle moyenne pour l’ensemble des contrats en 2021. Mais tout le monde ne sera pas logé à la même enseigne. « Le principe cardinal des assureurs est la mutualisation des risques sur la base de statistiques, mais on constate de fortes disparités entre les cotisations » individuelles, résume Fabien Soccio, spécialiste du secteur chez Meilleurtaux.com.

Et, contrairement aux idées reçues, le bonus-malus ne fait pas tout. Ce système, qui calcule un coefficient - avantageux ou non - appliqué à votre prime sur la base de votre responsabilité dans un accident, n’est qu’un élément parmi d’autres. Exemple : pour un bris de glace, vous paierez éventuellement une franchise mais cela n’aura pas d’impact sur votre bonus dans la mesure où vous n’en serez pas tenu pour responsable. Pour autant, la cotisation risque d'augmenter car votre profil deviendrait alors plus risqué - pour ne pas dire coûteux - pour l’assureur.

Pour être classé comme un bon conducteur par son assureur, il y a plusieurs paramètres qui se croisent : ne pas être responsable d’un sinistre, ne pas être célibataire, ne pas conduire une voiture trop puissante, garer son véhicule à l'abri la nuit, ne pas faire trop de kilomètres ou encore ne pas l’utiliser pour son travail. Mais ce n'est pas tout. Selon l'endroit où vous résidez, il y a des disparités très importantes. Un baromètre publié début juin faisait état d'une cotisation moyenne de 808 euros par an à Marseille, de 708 euros à Paris... contre 585 euros à Nantes.

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Chauffeur ou chauffard ?

Autant de paramètres utilisés pour calculer le montant de la prime. « L’assureur estime votre conduite en fonction de ces éléments », confirme Fabien Soccio. Et s'il n'est pas informé de vos petites infractions, une éventuelle suspension ou annulation de permis aura de lourdes conséquences.

« En cas de suspension ou d’annulation, il est impératif de prévenir votre assureur de cette nouvelle situation. Vous avez 15 jours pour envoyer, par courrier recommandé, les informations concernant ce retrait, accompagné des justificatifs : la notification de suspension, la photocopie recto-verso de votre carte grise, le type de condamnation, le taux d’alcoolémie ou de stupéfiants… », explique Groupama.

L'assureur peut résilier le contrat ou appliquer une majoration de la cotisation dans la limite de certains plafonds, définis selon la gravité des cas : + 150% pour un accident responsable en état d’imprégnation alcoolique, + 50% pour une suspension de permis entre 2 et 6 mois, + 100% pour une suspension de plus de 6 mois, +100% en cas de délit de fuite après accident.

« Attention : vous avez oublié de déclarer votre retrait de permis ? Votre assureur peut annuler les garanties de votre contrat ou réduire les indemnités en cas de sinistre », prévient Groupama.

Les jeunes conducteurs pénalisés

Il y a un autre critère qui va être déterminant pour le calcul de la prime : l'âge. Selon une étude (1) réalisée par AcommeAssure en septembre 2020, le tarif des assurances jeunes conducteurs est 47% plus élevé que celui des conducteurs expérimentés, à profil équivalent (lieu d’habitation, modèle du véhicule conduit). Pourquoi une telle différence de traitement ?

Comment payer moins cher sans changer d'assureur

Deux raisons a cela : la fréquence des sinistres (28% de plus pour les 18-21 ans) et leur coût (1 790 euros en moyenne pour les 18-21 ans contre 1 233 euros pour l’ensemble des assurés). Résultat, un jeune conducteur ou un nouveau conducteur peut se voir appliquer « une surprime de 100% la première année, de 50% la deuxième et de 25% la troisième s’il n’a pas de sinistre, confirme Fabien Soccio de Meilleurtaux.com. Dans le cas de la conduite accompagnée, cette surprime dégressive est divisée par deux ».

L'assurance auto, mauvaise affaire des assureurs

« Via les incitations et primes d’Etat, le parc automobile est de plus en plus récent et composé de véhicules plus onéreux à couvrir que par le passé, explique Fabien Soccio. Les véhicules en tant que tels, mais aussi les pièces détachées, la peinture, l’électronique et la main d’œuvre coûtent de plus en plus cher. En cas d’accident, la facture chez le garagiste est de fait plus onéreuse ». Déficitaire, l'assurance auto est devenu un produit d'appel qui permet de pousser d’autres contrats comme une assurance habitation.

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Le « pay how you drive »

Pour être certain d'avoir une assurance qui s'ajuste au plus juste au comportement du conducteur, celui-ci a la possibilité de recourir à une offre d’assurance connectée. Celle-ci enregistre en temps réel les habitudes de conduite. Objectif : récompenser financièrement les conducteurs « responsables », en prenant en compte la vitesse de déplacement, la vigueur de ses accélérations et des freinages en les comparant au trajet effectué pour une évaluation personnalisée et réaliste de son comportement routier. Un modèle « pay how you drive » qui permettrait de réduire la facture de 10%, mais qui n’a pas encore rencontré son public.

(1) Observations faites sur les comparateurs en ligne AcommeAssure en septembre 2020