Les économies et hausses d'impôts proposées dans un rapport sur la future branche « autonomie » de la Sécurité sociale ont été rejetées mercredi par les représentants des directeurs d'Ehpad et des particuliers employeurs, tandis que la CFDT a défendu une taxation accrue des héritages.

Le pavé dans la mare fait des vagues : chargé de trouver « 1 milliard d'euros dès 2021 et 3 à 5 milliards à horizon 2024 », l'inspecteur des finances Laurent Vachey a proposé au gouvernement une quinzaine de pistes, dont « des mesures d'économies » sur certaines allocations et le rabotage de plusieurs niches sociales et fiscales.

Hors de question pour l'association de directeurs de maisons de retraite AD-PA, qui « n'acceptera jamais de diminutions des prestations actuelles » et juge dans un communiqué « inenvisageable de réduire le crédit d'impôt » pour les résidents d'Ehpad « ni de revenir sur les possibilités de déductions pour les services à domicile ».

Même opposition de la Fédération des particuliers employeurs (Fepem), qui « s'insurge contre la proposition de rogner le crédit d'impôt » pour l'emploi à domicile « et l'exonération de cotisations pour les seniors recourant à une aide à domicile ».

Sa présidente, Marie-Béatrice Levaux, en conclut que « l'objectif du rapport Vachey est clairement la destruction d'emplois » et qu'il « ferait courir le risque de détruire un secteur ».

Côté syndical, le secrétaire général de la CFDT, Laurent Berger, a estimé que « c'est sur la transmission des hauts patrimoines qu'il faut aller chercher le financement » de la branche autonomie. Une option envisagée dans le rapport, via une hausse des « droits de mutation ».

Le chef des sénateurs Républicains, Bruno Retailleau, considère pour sa part que toutes les pistes avancées « vont à l'inverse de ce qu'il faudrait faire », à savoir « se résoudre à travailler plus ».