Quel est le niveau de vie des Français ? Selon l'Insee, il a augmenté en 2018, mais pas pour tout le monde. Celui des ménages les plus aisés a progressé nettement tandis que celui des ménages les plus modestes s'est replié.

Revenu médian en France

Selon l’Insee (1), le revenu médian, qui partage la population entre la moitié qui gagne le plus et celle qui gagne le moins, a progressé de 0,3% en 2019 par rapport à 2017 pour atteindre 1 771 euros mensuels, soit 21 250 euros par an pour une personne seule. Il est de 3 719 euros par mois pour un couple avec deux enfants de moins de 14 ans. On parle alors en revenu disponible soit l’ensemble des revenus à la disposition du ménage pour consommer et épargner, après avoir payé les impôts directs (impôt sur le revenu, taxe d'habitation, CSG...).

Sur la même base on est considéré comme pauvre si ses revenus mensuels sont inférieurs à 1 063 euros par mois. Ce montant équivaut à 60% du revenu mensuel médian des Français. Il était de 1 060 un an plus tôt. En quatre ans, ce seuil de pauvreté a augmenté de 21 euros.

Une hausse de l'écart entre les riches et les pauvres

En 2018, les inégalités de niveau de vie ont augmenté entre les ménages les plus aisés et les ménages les plus pauvres. Les moins aisés ont été affectés par la baisse des allocations logement et par la réforme de certaines prestations familiales.

« En 2018, le niveau de vie plancher des 10% les plus aisés augmente de 0,6%, à 39 130 euros, dépassant légèrement son niveau d’avant la crise économique de 2008 (+ 0,7%). (...) En 2018, la hausse du neuvième décile est légèrement supérieure à celle de la médiane tandis que celle du niveau de vie plancher des 5% les plus aisés augmente plus nettement, de 1,2% », écrivent les auteurs.

Deux explications : « l'augmentation des revenus du patrimoine, portée par une forte hausse des dividendes reçus par les ménages, dans un contexte de fiscalité plus incitative avec la mise en place du prélèvement forfaitaire unique » et « le remplacement de l’impôt de solidarité sur la fortune (ISF) par l’impôt sur la fortune immobilière (IFI) », favorable notamment aux 5% les plus aisés.

La pauvreté augmente chez les retraités

S'ils restent globalement mieux lotis que la moyenne nationale (8,7% de pauvres contre 14,8%), la proportion de retraités pauvres progresse : + 1,1 point entre 2017 et 2018, alors qu’elle était relativement stable depuis 2014. « Cette hausse est majoritairement portée par l’augmentation du taux de pauvreté des personnes seules âgées de 65 ans ou plus (+ 2,1 points), analyse l'Insee. Le niveau de vie médian des retraités diminue de 1,9% en euros constants en 2018, pénalisé par la non-revalorisation des pensions servies par le régime général et par la hausse du taux de CSG prélevé ».

(1) En 2018, les inégalités de niveau de vie augmentent, étude de Fabien Delmas, Jorick Guillaneuf.