Orange, SFR, Free, Bouygues Telecom en font tous le constat : la demande en fibre optique a explosé au second trimestre 2020. Une conséquence de la crise sanitaire qui a engendré une hausse des usages numériques et du télétravail.

Alors que la fibre optique comptait déjà 7,7 millions de foyers abonnés à fin mars 2020 (1), cette technologie offrant l’accès au très haut débit a séduit 674 000 nouveaux clients au cours du 2e trimestre de l’année, selon Les Echos. Le journal économique s’appuie sur les résultats trimestriels de Orange, SFR, Bouygues Telecom et Free pour avancer ce chiffre. Cela représenterait donc un boom de près de 9% des abonnements en seulement 3 mois. Orange, n°1 du secteur, a recruté 238 000 nouveaux clients sur cette période, tandis que Free, grâce à ses 243 000 abonnés supplémentaires, affiche désormais 2,2 millions d’utilisateurs de la fibre. SFR et Bouygues ont engrangé respectivement 100 000 et 93 000 nouveaux abonnés. Et la tendance semble se confirmer : « La demande pour la fibre a même progressé en juillet-août, deux mois traditionnellement calmes pour les demandes de raccordement », explique Thomas Reynaud, directeur général du groupe Iliad, la maison-mère de Free.

De plus en plus de foyers éligibles à la fibre optique

La fibre optique, qui permet de bénéficier d’un débit Internet beaucoup plus rapide qu’avec l’ADSL, est boostée par plusieurs facteurs. Le confinement a d’abord engendré une « soif de numérique » chez les Français. En l’absence de contacts physiques et d’activités extérieures, les contacts virtuels via visioconférence et les divertissements numériques (films et séries en streaming, jeux vidéo en réseau, consultation de medias numériques…) ont explosé. Par ailleurs, le suivi des cours en ligne pour les écoliers et le recours au télétravail pour les salariés ont montré l’importance de disposer d’une bonne connexion Internet. Enfin, la hausse de la demande en fibre optique est aussi liée au développement du réseau : alors que 39% des entreprises et foyers français étaient éligibles à cette technologie fin 2019, ils étaient près de 50% (19,6 millions) à pouvoir être raccordés à la fibre fin mars. Et même si l’Arcep, le régulateur des opérateurs télécom, note « un rythme de déploiement affecté à plus de moitié » fin mars par le Covid, les déploiements de lignes en fibre optique ont repris depuis le déconfinement. Objectif : installer « 5 millions de prises en 2020 et encore davantage en 2021 » selon Cédric O, secrétaire d'Etat chargé de la Transition numérique et des Communications électroniques. Avec en ligne de mire la promesse d’Emmanuel Macron : que 80% des Français puissent être « couverts » par la fibre en 2022. Les 100%, eux, devraient être atteints selon les projets gouvernementaux en 2025.

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La fibre, un surcoût de 2 à 5 euros par mois

Abandonner l’ADSL pour adopter la fibre ? De plus en plus de Français sautent donc le pas. Une tendance qui fait dire à Patrick Drahi, patron de SFR : « Dans cinq ans, plus personne n'aura l'ADSL en France ». L’accès au très haut débit a cependant un coût. Pour attirer les clients, les opérateurs proposent souvent un tarif attractif (proche de celui de l’ADSL) sur les 12 premiers mois d’abonnement à leur box. Mais « au-delà de la première année, les offres fibre deviennent légèrement plus chères que les offres ADSL » souligne Ariase, comparateur en télécom. « Entre 2€ et 5€ plus chères, chez presque tous les opérateurs ».

(1) Source : ARCEP, Marché du haut et du très haut débit fixe, 4 juin 2020