Les soldes d’été 2020 sont catastrophiques pour les commerçants. En Ile-de-France, près de 90% d’entre eux ont perdu de l’argent par rapport à l’an passé, alors même que les rabais étaient particulièrement élevés.

La tendance n’est pas nouvelle. Ces dernières années, les consommateurs sont de plus en plus nombreux à zapper les soldes. Celles-ci, de l’aveu même des commerçants, ont en effet perdu une grande partie de leur sens, depuis que les périodes de ventes à prix réduits se multiplient au cours de l’année (French Days, Black Friday, ventes privées…).

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Toutefois, cet été, les magasins espéraient un regain d’attractivité. Décalées au 15 juillet à cause du coronavirus et concentrées sur 4 semaines au lieu de 6, les soldes 2020 intervenaient après 8 semaines de confinement durant lesquels les consommateurs n’ont pu se rendre dans les boutiques jugées non indispensables au quotidien : habillement, électroménager, ameublement... De fait, pour écouler leur stock particulièrement important, les magasins avaient tablé sur des rabais très élevés. D’après le bilan annuel des soldes de la Chambre de commerce et d’industrie d’Ile-de-France (1), 45% des commerçants ont ainsi proposé des remises de 50%, 21% des réductions de 60%. Et 12% des rabais ont même atteint 70% !

« Pas envie d'acheter »

Mais ces réductions attrayantes n’ont pas permis de faire revenir les clients en magasin. D’après la CCI d’Ile-de-France, le bilan de ces soldes 2020 est, au contraire, catastrophique. Pour 83% des commerçants interrogés, la hausse du chiffre d’affaires par rapport à un mois normal, sans remise, est inférieure à 20%. En 2019, ils étaient seulement 67% à ne pas dépasser ce seuil de 20%. Pire, durant ces soldes d’été qui vont s’achever demain, mardi 11 août, 61% des commerçants parisiens n’ont même observé aucune hausse de leur chiffre d’affaires par à un mois normal. L’an dernier, ils n’étaient que 18% à ne pas constater de surplus d’activités durant les soldes estivales.

« Les gens n’ont pas eu envie d’acheter ; l’acte de consommer s’insère généralement dans une atmosphère de légèreté, ce qui n’est pas du tout le cas cette année », rapporte à la CCI un responsable de magasin de chaussures de la capitale. « Après le confinement, les gens ont eu comme priorité de préparer leurs vacances et non pas de faire des achats de vêtements » indique une autre commerçante.

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Cette tendance maussade n’est pas propre à la région parisienne, même si, comme l’illustrent les témoignages récoltés la semaine dernière à Périgueux par France bleu, certains commerçants préfèrent voir le verre à moitié plein : « Le bilan est mitigé. Comparé aux années précédentes, on ressent le fait que les soldes ont été décalés. On s'attendait à pire. Ce n'est pas catastrophique, mais ce n'est pas une année normale », explique cette gérante de boutique de vêtement dans le centre-ville de Périgueux.

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(1) Cette enquête a été réalisée par téléphone auprès de 300 commerçants parisiens selon une répartition par secteur d’activité et arrondissement. Les interviews ont été réalisées entre le 28 et le 31 juillet 2020 par la société Qualitest. Le traitement et l’analyse ont été effectués par le CROCIS de la CCI Paris Ile-de-France. L’enquête téléphonique a été complétée par des entretiens en face-à-face auprès des commerçants de la rue de Rennes.