Dans un entretien donné simultanément à plusieurs journaux de presse quotidienne régionale, Emmanuel Macron a esquissé son plan de bataille pour les mois à venir. Au menu, notamment, la relance de la réforme des retraites, le statu quo fiscal et un coup de pouce pour l’emploi des jeunes.

Sans surprise la situation économique de France n’est guère réjouissante. Alors que le gouvernement tablait initialement sur une chute de 8% du produit intérieur brut cette année, il devrait finalement s’effondrer de 11%, avertissait début juin le ministre de l'Economie Bruno Le Maire. Dans ce contexte chaotique, Emmanuel Macron a néanmoins fait part, le 2 juillet, lors d’un entretien avec 10 journalistes de la presse régionale, de son intention de relancer certains chantiers stoppés à cause du coronavirus, comme la réforme des retraites.

« Est-ce que la réforme des retraites est à jeter ? Non. Ce serait une erreur pour deux raisons », a ainsi déclaré le président de la République, dont les propos sont rapportés par Ouest-France. La première, c’est ce qu’est le système universel de retraite est juste. Nous avons tous vu durant cette crise ce qu’on appelle la deuxième ligne, les livreurs, les caissières… Toute cette France-là est la France perdante du système de retraite actuel […] Le deuxième sujet, c’est celui des équilibres financiers », explique ainsi Emmanuel Macron. Il n’exclut toutefois pas quelques évolutions concernant, notamment, l’âge pivot à 64 ans, âge à partir duquel un salarié partirait en retraite sans décote sur son niveau de pension.

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Pas d’augmentation d’impôts, assure Emmanuel Macron

Hier, le chef de l’Etat a également tenté de rassurer les 700 000 à 900 000 jeunes qui s’apprêtent à entrer sur le marché du travail, alors que le taux de chômage pourrait dépasser 11% en 2021 selon les dernières estimations de la Banque de France. « Nous ne pouvons pas les laisser seuls face à cette situation […] Il y aura des incitations financières à l’embauche et un ensemble de mesures pour ne laisser aucune jeune sans solution », a déclaré Emmanuel Macron.

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Pour financer cette mesure et plus généralement l’augmentation des dépenses publiques causée par la crise sanitaire - le déficit budgétaire de la France s'est creusé à 118 milliards d'euros au 31 mai, contre 84 milliards d'euros à la même date en 2019, a annoncé ce vendredi le ministère de l'Action et des Comptes publics –, le Président exclut toute augmentation d’impôts. « Ce serait une erreur profonde parce que nous sommes un des pays les plus fiscalisés du monde », estime Emmanuel Macron. Ce gel fiscal concerne aussi la taxe carbone, qu’il ne remettra pas sur la table durant le reste du quinquennat.