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Budget : Attac et la gauche réclament à nouveau l'ISF

Dossier ISF
© Olivier Le Moal - Fotolia.com

« Il faut taper dans le grisbi »: le mouvement altermondialiste Attac et les groupes parlementaires de gauche ont à nouveau réclamé le rétablissement de l'impôt de solidarité sur la fortune lundi, juste avant l'examen d'un nouveau budget de crise à l'Assemblée nationale.

« L'objectif, c'est de montrer qu'il y a un consensus assez large pour porter des mesures de justice fiscale et qu'Emmanuel Macron est isolé sur sa politique », a estimé Raphaël Pradeau, porte-parole d'Attac, entouré de trois députés PS, LFI et communiste, devant le Palais Bourbon.

La socialiste Christine Pires Beaune a reproché au gouvernement de « baisser les impôts progressifs depuis le début du quinquennat et d'augmenter les impôts forfaitaires », pour tendre « vers une société de rentiers et d'héritiers ».

Selon le député LFI Eric Coquerel, le rétablissement de l'impôt de solidarité sur la fortune, avec ses recettes de quelque « quatre milliards d'euros » par an, permettrait de « financer le plan hôpital », en pleine négociation du Ségur de la Santé.

Le chef de file du groupe communiste André Chassaigne a dénoncé des « effets d'annonce » de la majorité sur une « politique plus sociale » face à la crise : « il faut taper dans le grisbi, tout le reste, c'est du blabla ».

Lors de l'examen de ce troisième budget rectificatif à partir de lundi, les groupes de gauche ont prévu des amendements pour réclamer l'abrogation de la « flat tax » sur les revenus du capital, la mise en place d'une contribution exceptionnelle des plus aisés ou le rétablissement de l'ISF, un impôt supprimé au début du quinquennat et remplacé par l'impôt sur la fortune immobilière (IFI).

« Pure démagogie », a répondu le ministre de l'Économie Bruno Le Maire qui ne veut pas de hausse d'impôt, tandis que le Medef juge que le rétablir serait « un très mauvais signal ».

Pour la plupart des LREM, une telle mesure pourrait « décourager » les investisseurs. L'ISF, c'est un « débat d'arrière-garde », selon le marcheur Roland Lescure, d'autant que ses recettes passées sont « sans commune mesure » avec les centaines de milliards d'euros déjà engagés face à la crise, considère-t-il.

A l'aile gauche, quelques voix dissonantes comme la députée LREM Fiona Lazaar plaident toutefois pour une « contribution des plus riches ».

L'association Attac a par ailleurs reproché à Emmanuel Macron d'avoir rejeté lundi la taxe de 4% sur les dividendes, l'une des mesures proposées par la Convention citoyenne sur le climat.

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