D’après une étude du groupe Banque Populaire-Caisse d’Epargne, près de 2 Français sur 5 estiment ne pas avoir suffisamment d’argent de côté pour faire face à la crise du coronavirus.

A l’échelle de la France, la crise du coronavirus s’est traduite par une hausse sans précédent des dépôts bancaires. Empêchés de consommer durant le confinement, les ménages ont, en l’espace de 2 mois, accumulé 55 milliards d’euros d’épargne liquide en plus, essentiellement sur leur compte courant et sur leur Livret A, d’après les estimations de la Banque de France.

Mais derrière ces statistiques agrégées se cachent de fortes disparités. Tous les Français ne sont pas sortis plus riches du confinement qu’ils ne l’étaient auparavant… D’après le dernier baromètre « épargne et placements » présenté ce 23 juin par le groupe Banque Populaire-Caisse d’Epargne (BPCE), 38% des personnes interrogées estiment que les revenus de leur foyer ont baissé et 47% ont connu une baisse voire un arrêt total de leur activité professionnelle (1). « Le confinement a entraîné une « épargne forcée » pour ceux qui ont pu télétravailler, les patrimoniaux… A l’inverse, les familles de catégories socioprofessionnelles inférieures, les actifs en arrêt ou au chômage partiel ont dû piocher dans leur épargne », soulignent ainsi les analystes de BPCE.

Précisément, la situation financière des familles de la classe moyenne, avec enfants à charge, des indépendants et, plus généralement, des personnes déjà en situation de précarité (travailleurs pauvres, retraités précaires, chômeurs…) a ainsi été fortement dégradée. Pour ces ménages, boucler les fins de mois a été, et reste, d’autant plus difficile qu’ils n’ont pas suffisamment d’argent de côté pour combler le manque à gagner. 38% des Français estiment en effet ne pas avoir assez d’épargne de précaution pour faire face aux conséquences financières de la crise et 11% ne savent pas s’ils en sont capables ou non.

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Au regard de cette vaste étude sur les finances des Français en temps de coronavirus, cette situation n’est pas près de changer : 47% des sondés anticipent que leur pouvoir d’achat va baisser dans les 6 prochains mois, contre 42% avant l’épidémie. Et à plus long terme, 1 Français sur 2 estime que la crise actuelle va fragiliser durablement la situation financière de son foyer, dont 13% en sont sûrs et certains.

(1) Baromètre Epargne & Placements. Enquête menée fin avril par Audirep pour le compte de BPCE.