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Placement : « un produit structuré permet de casser la logique boursière »

Un homme en parachute
© esalienko - Fotolia.com

La crise économique provoquée par la pandémie de Covid-19 n’incite pas forcément à prendre des risques en investissant en bourse. Dans ce contexte, le courtier MeilleurPlacement a imaginé un fonds structuré censé répondre aux inquiétudes actuelles des épargnants. Interview avec Yannick Hamon.

Qu'est-ce qu'un fonds structuré ?

Anciennement appelés « fonds à formule », les produits structurés sont des fonds imaginés pour limiter les risques ou pour assurer une rémunération minimum malgré les soubresauts des marchés financiers.

Pour ce faire, ces produits envisagent systématiquement plusieurs scénarios, basés sur les résultats d'un indice financier (CAC 40, Eurostoxx 50, par exemple). Si l'indice s'envole, l'investisseur bénéficie d'une performance, parfois inférieure à celle de l'indice en question. Le plus souvent, si l'indice de référence baisse jusqu'à une valeur définie dans le contrat (-30%, -40% par exemple...), le capital investi reste protégé des pertes. Enfin, si la baisse dépasse cette même valeur définie, le client aura à supporter l'intégralité de la baisse.

Plus de détails sur les produits structurés

Yannick Hamon

Yannick Hamon, directeur général de MeilleurPlacement.com

Pouvez-vous résumer les principales caractéristiques du fonds structuré que vous venez d’ouvrir à la souscription ?

Yannick Hamon : « Sur la forme, M Rendement 2 est un produit structuré assez classique : la formule est basée sur l’indice Euro iStoxx EWC 50 (1) avec une échéance de 10 ans [juillet 2030, NDLR] et un mécanisme de remboursement anticipé pouvant être activé chaque trimestre si l’indice dépasse son niveau initial. Le plus important reste le couple rendement/risque : l’objectif est de réussir à rémunérer le client même en cas de baisse des marchés. En cela, le calendrier est très important : ce fonds structuré a été imaginé au plus fort de la crise du Covid-19, fin mars 2020, et le lancement de l’investissement est planifié au 17 juillet 2020. Ce fonds a donc été imaginé au regard de la situation économique. Il répond à une vocation strictement patrimoniale, avec la possibilité de toucher 1,75% par trimestre écoulé – soit l’équivalent de 7% par an – sauf en cas de scénario très défavorable. Son positionnement n’est pas du tout spéculatif. »

Que se passera-t-il en cas de baisse durable, si l’indice ne remonte jamais à son niveau de juillet 2020 d’ici 2030 ?

Y.H. : « Par exemple, si l’indice a perdu un peu plus de 40% en 2030, vous récupérez la mise initiale. Si jamais la baisse dépasse 50%, là, vous accusez des pertes à hauteur de la baisse de l’indice mais, dans ce cas, la crise financière serait telle que tous les actifs financiers plongeraient fortement dans le rouge. En revanche, tant que l’indice perd moins de 40%, la formule vous permet d’engranger des gains à l’échéance ! »

« Tant que l’indice perd moins de 40%, la formule vous permet d’engranger des gains à l’échéance ! »

En quoi votre fonds structuré est-il spécifique, vis-à-vis des autres disponibles sur le marché ?

Y.H. : « Tout d’abord, le fait qu’un mécanisme de remboursement anticipé puisse être activé chaque trimestre [après un an de détention, NDLR], si l’indice remonte suffisamment, est assez rare. Le plus souvent, le remboursement anticipé ne peut intervenir qu’une fois par an. Ensuite, le calendrier est extrêmement important : quand ce produit a été fabriqué, fin mars, nous étions conscients de la gravité de la crise. Il a été imaginé au moment le plus anxiogène qui soit : c’est donc l’essence même de ce produit que de répondre à ce contexte particulier. Il s’inscrit dans une stratégie résolument défensive. »

Pourtant la Société Générale, qui est par ailleurs l’émetteur de votre fonds, a annoncé devoir renoncer à certains produits structurés à cause de la crise du Covid-19…

Y.H. : « Face à la situation exceptionnelle, ils ont effectivement dû rétrécir fortement leurs émissions de produits. Rappelons que ce type de placement est soumis à des exigences très rigoureuses, sous le regard de l’Autorité des marchés financiers (AMF) et de l’Autorité de contrôle prudentiel et de résolution (ACPR). »

Ce qui fait la différence, pour ce fonds, ce serait donc un bon timing de lancement ?

Y.H. : « Un produit structuré permet de casser la logique de l’investissement boursier : la formule permet de transformer cette classe d’actifs basée sur la plus-value en un produit dont le tempérament n’est pas spéculatif mais patrimonial. L’objectif avec ce fonds structuré est bien de toucher un revenu constant, certes plafonné à 7% par an, même en cas de baisse mesurée des marchés. On oppose traditionnellement les investissements boursier et immobilier : cette formule permet de casser cette opposition en transposant une logique patrimoniale dans la classe d’actifs boursière. »

« Cela correspond donc à des épargnants qui veulent limiter leur exposition au risque boursier »

Vous évoquez l’immobilier : face à la crise du coronavirus, vaut-il mieux investir dans une SCPI ou un fonds structuré ?

Y.H. : « Dans les deux ! A condition, bien entendu, de choisir les bonnes SCPI et les bons fonds structurés. D’un point de vue patrimonial, il est toujours conseillé de diversifier ses placements. En utilisant plusieurs classes d’actifs bien distinctes, vous limitez les risques. »

A quel profil de client conseilleriez-vous aujourd’hui d’investir dans un produit structuré ?

Y.H. : « La formule peut être simple et la structure du produit complexe. Cela correspond donc à des épargnants qui veulent limiter leur exposition au risque boursier, mais qui ont tout de même un bon niveau de compréhension du produit. Par ailleurs, étant donné que le placement se fait avec une échéance potentielle de 10 ans, nous le déconseillons à partir d’un certain âge, 70 ans par exemple. »

M Rendement 2 : les caractéristiques clés

  • Titre de créance
  • Emetteur : SG Issuer (Société Générale)
  • Fenêtre de commercialisation ouverte jusqu’au 17 juillet 2020
  • Le remboursement anticipé est possible au bout d’un an de détention (en juillet 2021) puis chaque trimestre jusqu’à l’échéance si l’indice de référence revient ou dépasse son niveau initial.
  • Fonds structuré accessible via un contrat d’assurance vie ou un contrat de capitalisation.

(1) Indice basé sur les actions de l’Euro Stoxx 50 mais qui prend en compte le réinvestissement des dividendes et qui pondère le poids de chaque action à 2% du poids global de l’indice.

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© MoneyVox / Propos recueillis par BL / Juin 2020

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Commentaires

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Publié le 19 juin 2020 à 09h46 - #1Nicolas75

Ressemble beaucoup à de la pub, sans en porter le nom. C'est triste.
Dans un produit structuré un des composants les plus importants c'est l'indice sous-jacent utilisé. Malheureusement on construit exprès des indices pourris afin de faire apparaître des protections à la baisse artificiellement élevées. La majorité des investisseurs n'y verront que du feu.
Même un spécialiste comme vous semble s'être fait avoir car dans le (1), ce qu'il faut par dessus tout préciser c'est que cet indice subit une pénalité de 50 points / an ce qui est bien plus que le niveau de dividendes perçus. Cela représente une pénalité très importante sur le long terme et donc si l'euro stoxx 50 normal baisse de 20% dans 10 ans, l'indice du produit structuré aura baissé bien davantage. cqfd.
La brochure du produit en parle souvent succinctement, mais en bas de la page 11, en gris clair, italique, police 8. Ces produits sont surtout très rentables pour tous les intermédiaires (lisez le DICI !), et vous scotch parfois pendant 12 ans car il est généralement très pénalisant d'en sortir avant son rappel contractuel. A réserver aux ultra experts et encore.

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