En fonction de votre situation, de la composition de votre foyer et de la nature de vos ressources, faire votre déclaration de revenus peut s'avérer très complexe. Voici les erreurs que les agents des impôts rencontrent le plus fréquemment.

A partir de ce jeudi minuit, l’ensemble des télédéclarants devront avoir complété et validé leur déclaration de revenus. Avec le pré-remplissage et la déclaration automatique, la tentation peut être forte de ne porter qu’un rapide coup d’œil sur les montants indiqués et les cases cochées. C’est dangereux ! Car le fisc n’est ni infaillible, ni omniscient. Certaines données fiscales vous concernant lui échappent. Pour éviter oublis et confusions, les sources d’erreur les plus fréquentes sont répertoriées sur Oups.gouv.fr, le site internet gouvernemental qui vous aide dans vos démarches administratives. Principales cibles des erreurs : les couples séparés, les ménages avec personnes à charge ou encore certaines professions comme les assistants maternels et les journalistes. Voici un florilège des mises en garde de l’administration fiscale concernant l'impôt sur le revenu.

Enfants à charge et pension alimentaire : les 2 erreurs des parents solos

L’une des premières questions fiscales que peut se poser un parent récemment séparé ou divorcé est celle de rattacher ou non ses enfants à son foyer fiscal. La réponse est souvent oui. Dès lors que vos enfants résident, même alternativement, chez vous, vous devez les rattacher. En pratique, si vous avez la garde exclusive de vos enfants, vous indiquez leur nombre en case F ou G de la rubrique « Personnes à charge en 2019 ». En résidence alternée, complétez les cases H ou I.

L’autre source d’erreur fréquente des familles monoparentales et recomposées concerne les pensions alimentaires versées. La règle est la suivante : les pensions alimentaires versées doivent être déclarées aux impôts. A une exception près : celles versées à des personnes rattachées à votre foyer fiscal. Cela signifie, par exemple, qu’en cas de garde alternée, vous ne devez pas déclarer les pensions alimentaires pour votre enfant.

Autre casse-tête lié aux pensions alimentaires : les cases à remplir ne sont pas les mêmes en fonction de la personne à qui vous la versez. Ainsi, les pensions alimentaires pour vos enfants majeurs sont à indiquer en cases 6EL et 6EM. Pour un enfant mineur, c’est en case 6GU que cela se passe. Et si votre enfant est devenu majeur en 2019, vous devez alors jongler avec ces deux cases. Par exemple, s’il a eu 18 ans en août, « il faudra déclarer 8 mois de la pension dans les pensions versées aux mineurs et 4 mois dans les pensions versées aux majeurs », précise l’administration fiscale.

Le piège de la case 6DD

En revanche, les pensions alimentaires n’ont pas leur place en rubrique 6DD « Déductions », prévient l’administration. Elle sert uniquement à déclarer certaines cotisations de sécurité sociale, certains versements pour la retraite mutualiste des combattants et certaines charges foncières des monuments historiques habités par leurs propriétaires.

Enfants ou parents à charge : les 4 cadeaux fiscaux mal compris

Les frais pour la garde de vos enfants âgés de moins de 6 ans au 1er janvier 2019 peuvent donner droit à un crédit d’impôt égal à 50% des dépenses de crèches, d’assistant maternel et autres moyens de garde. En théorie, cela parait simple puisqu’il suffit d’indiquer le montant total des frais en case 7EA et suivantes. Mais en pratique, il est facile de se tromper dans la somme à renseigner. Les frais de cantine et les aides perçues, notamment le complément de libre choix du mode de garde, doivent en effet être retirés des frais de garde.

Plus grands, vos enfants à charge continuent à être fiscalement intéressants. Mais pour ce faire, vous ne devez pas oublier de dire au fisc qu’ils poursuivent leur scolarité au collège, au lycée ou dans un établissement d’enseignement supérieur dans les rubriques 7EA, 7EC ou 7EF. En revanche, « les enfants en apprentissage, en congé formation ou en contrat d'études avec leur employeur ne permettent pas d'obtenir la réduction d'impôt », prévient le fisc.

Si vous avez à charge une personne dépendante, qui nécessite une aide à domicile ou un placement en établissement spécialisé (Ehpad), vous bénéficiez aussi d’un avantage fiscal. Mais là encore, celui-ci ne va pas de soi. Il faut que vous le demandiez au fisc. L’avantage prend la forme d’un crédit d’impôt indexé sur les dépenses engendrées, dont les modalités déclaratives dépendent de la situation. Ainsi, si vous employez directement une aide à domicile, vous devez renseigner à la ligne 7DB son salaire avec cotisations sociales. Via un intermédiaire, vous déclarez le montant payé à l’organisme. Dans les deux cas, vous devez déduire de ces sommes les aides perçues comme l’allocation personnalisée d’autonomie (APA). En Ehpad, seules les dépenses d’hébergement sont à déclarer, en ligne 7CD. Les dépenses de soins ne sont pas concernées par le crédit d’impôt. Là encore, les aides reçues de l’Etat sont à déduire, « même si l’allocation a été versée directement à la maison de retraite », souligne le fisc.

N’oubliez pas non plus de déclarer ligne 7WJ, le coût des équipements payés pour accueillir à votre domicile une personne dépendante. Mais là encore, les services des impôts attirent votre attention sur les règles à respecter. Première condition : il faut que la personne pour qui ces achats sont réalisés remplissent des conditions strictes : bénéficiaire d’une pension d’invalidité d'au moins 40%, titulaire d’une carte « mobilité inclusion » mentions « invalidité », « priorité » ou « stationnement pour personnes handicapées », ou bénéficiaire de l’APA. Second prérequis : il faut vérifier que les équipements achetés sont concernés par le crédit d’impôt. C’est le cas d’un évier et d’un lavabo à hauteur réglable, d’un siphon déporté, de sièges de douche muraux, de toilettes surélevées, ou d’une rampe fixe.

Lire aussi : Etes-vous sûr de n'avoir oublié aucune réduction ?

Ne pas faire l’impasse sur les revenus de vos enfants

Si vos enfants, mineurs ou majeurs rattachés, sont rémunérés, vous devez intégrer leurs revenus à votre déclaration. S’ils reçoivent un salaire, c’est en cases 1CJ et 1DJ que cela se passe. En revanche, les étudiants de moins de 25 ans, les élèves en contrat d’apprentissage ou encore les stagiaires bénéficient d’une exonération partielle ou totale en fonction du montant de leurs revenus.

Dons caritatifs, familiaux… : des règles déclaratives bien différentes

Les dons donnent droit à une réduction d’impôt d’une valeur qui dépend de la nature de l’organisme que vous avez aidé. La ligne 7UD concerne ainsi les dons aux associations qui viennent en aide aux personnes en difficulté (Restos du Cœur, Croix-Rouge…). En revanche, la ligne 7UF concerne les sommes versées aux organismes d’intérêt général. C’est-à-dire les associations à but éducatif, sportif, culturel… et à l’activité non lucrative, comme la Fondation de France ou la Fondation du patrimoine

Les dons familiaux font quant à eux l’objet d’un traitement distinct de la déclaration de revenus. Lorsque ces dons sortent d’un cadre conventionnel (anniversaire, mariage, naissance…) et concernent plusieurs milliers d’euros, vous devez remplir le « formulaire 2735 », ou « déclaration de dons manuels et de sommes d’argent », document à déposer au centre des impôts dans le mois suivant le versement.

Voir à ce propos : Faut-il déclarer les dons aux enfants et autres proches ?

Revenus professionnels : non-maîtrise des abattements liés à certains emplois

Certains emplois bénéficient d’un traitement fiscal spécifique. C’est le cas des assistants maternels et des journalistes qui bénéficient d’un abattement. Revenus et abattement doivent être déclarés dans deux cases. Le montant du revenu imposable, après déduction de l’abattement, est à indiquer en case 1AJ pour les assistants maternels employés par une personne morale, les assistants familiaux, et les journalistes, et en case 1AA pour les assistants maternels employés par un particulier. Le montant de l’abattement, lui, est à indiquer en case 1GA.

Audiovisuel public : cocher ou ne pas cocher la case

Beaucoup de contribuables se trompent et paient la redevance télé, fixée à 138 euros en 2020. Cela se comprend car le mécanisme est contre-intuitif. Si vous n’avez pas de télévision dans votre maison ou votre résidence secondaire, vous devez cocher la case « Contribution à l'audiovisuel public » pour ne pas la payer.

Revenus fonciers, CITE… Le casse-tête de l’immobilier

Si vous touchez des loyers, vous devez les déclarer au fisc soit au régime micro-foncier (rubrique 4BE), réservé à ceux dont les revenus fonciers annuels sont inférieurs à 15 000 euros, soit au régime réel (4BA). C’est important de choisir le bon régime d’imposition car les règles fiscales sont différentes. Par exemple, en micro-foncier, vous bénéficiez d’un abattement automatique et êtes donc imposé sur 70% seulement de vos recettes.

Lire dans le détail : Comment déclarer les revenus fonciers aux impôts

En lien aussi avec votre patrimoine immobilier, l’administration fiscale constate que beaucoup de contribuables déclarent à tort être éligibles à un crédit d’impôt pour la transition énergétique. Principale erreur : faire valoir le CITE pour des rénovations dans un bien non éligible comme un logement de moins de 2 ans ou mis en location.

Epargne retraite : l'oubli de l’avantage fiscal du PERP

Les cotisations versées sur votre plan d'épargne retraite populaire (PERP) ou autres régimes de retraite complémentaires (PREFON, COREM…) sont déductibles du revenu global de votre foyer fiscal. Mais pour en profiter, vous devez les signaler lignes 6RS, 6RT et 6RU, sans les déduire de vos salaires.

En résumé, voici la liste des erreurs les plus courantes :

  • Ne pas rattacher vos enfants à charge
  • Oublier de déduire les pensions alimentaires versées ou ne pas le faire correctement
  • Se tromper sur les frais de garde d'enfants
  • Ne pas déclarer les revenus de vos enfants rattachés
  • Oublier de déduire les frais de scolarité
  • Zapper l'avantage fiscal pour les personnes dépendantes à votre charge ou se tromper dans sa déclaration
  • Oublier de déduire les dépenses pour aménager votre logement et accueillir une personne dépendante
  • Se tromper de case dans la déclaration des dons
  • Utiliser la case 6DD, réservée en fait à très peu de contribuables
  • Ne pas déduire l'abattement de votre revenu de journaliste ou d'assistant maternel
  • Ne pas cocher la case « Contribution à l'audiovisuel public » alors que vous n'avez pas de TV
  • Se tromper de régime d'imposition pour les revenus fonciers
  • Croire être éligible au CITE
  • Oublier de déduire les versements sur votre PERP