Alors que le déconfinement est prévu dans une semaine, la commercialisation de masques dans les grandes surfaces a débuté lundi. Où et à quel prix s’en procurer ? Masques chirurgicaux ou en tissu : lesquels sont les plus efficaces ? Y a-t-il un risque de pénurie ? MoneyVox vous propose un récapitulatif sur le sujet.

Dans une semaine, la France commencera son déconfinement. Même si nous sommes appelés à restreindre encore nos mouvements au maximum, certains d’entre nous seront amenés à retourner au travail, à reprendre les transports en commun, à déposer leurs enfants à l’école ou à la crèche… Et le port du masque est vivement conseillé (voire obligatoire dans certaines situations) pour éviter une 2e vague d’épidémie du coronavirus. Mais quels masques porter ? Où s’en procurer ? Et à quel prix se vendent-ils ?

Les différents types de masques

Tout d’abord, si vous espérez vous équiper avec des masques FFP2, qui offrent la meilleure protection face au virus, ne rêvez pas. Même les professionnels du médical n’en sont pas tous dotés, que ce soit à l’hôpital ou en médecine de ville. La pénurie est réelle et si vous en trouvez à vendre sur des sites en ligne, il y a de fortes chances que ce soit une arnaque (soit le produit sera une contrefaçon non efficace, soit vous ne le recevrez jamais, soit le délai de livraison risque de courir jusqu’en 2021…).

Concernant les masques chirurgicaux, les grandes surfaces ont commencé à en vendre ce lundi 4 mai. Les pharmacies en proposent également mais les stocks sont minces. A usage unique et dotés d’une durée de vie de 3 à 4 heures, ces masques jetables sont ceux utilisés (en temps normal) dans les hôpitaux. Pour une journée classique de 10-12 heures à l’extérieur du domicile, il en faut donc 3. Leur efficacité de filtration des gouttelettes est estimée à 90%. L’Etat a plafonné leur prix à 95 centimes d’euros l’unité (soit un tarif environ 10 fois supérieur à avant la crise).

Enfin, face à la pénurie de masques médicaux, les masques en tissu, aussi appelés « masques barrière » ou « masques grand public », ont fait leur apparition sur les visages des Français et dans les rayons des supermarchés, pharmacies et bureaux de tabac. Dans cette catégorie, on trouve à la fois les réalisations « maison » de couturiers amateurs ou d’associations, et les pièces fabriquées par des couturières professionnelles ou par des entreprises du textile. Généralement, les fabricants se sont basés sur le patron proposé par l’Afnor, qui répond « à des critères validés par près de 150 experts », et ont suivi les recommandations concernant le tissu à utiliser pour les concevoir. Ce type de masque, lavable et réutilisable un certain nombre de fois, est censé bénéficier d’un pourcentage d’efficacité d’au moins 70% (ou de 90% pour ceux de la catégorie 1, réservés aux professionnels en contact avec le public). Il ne doit pas être porté plus de 4 heures d’affilée. D’où l’importance d’en avoir plusieurs. « Un masque est efficace pendant 4 heures environ. Au-delà, il s’humidifie, il faut le remplacer. L’idéal est d’avoir trois masques par personne : un le matin, un autre l’après-midi, un troisième pour emprunter les transports en commun. Il faut les laver chaque jour, à 60 °C », explique dans Ouest-France Marie-Claire Denoual, co-présidente pour l’Ille-et-Vilaine de la Fédération des syndicats pharmaceutiques de France. Mais il faut bien noter que ces masques barrière n’ont fait l’objet d’aucune homologation officielle et que la plupart d’entre eux n’ont jamais été testés en laboratoire pour tester leur efficacité. S’ils représentent donc une alternative (un masque en tissu, c’est mieux que rien du tout pour diminuer d’un côté les risques de projection de postillons et de l’autre les risques d’absorption de ces gouttelettes), ils doivent être utilisés en respectant un certain nombre de consignes (voir l’encadré plus bas dans l’article). Etant donné l’hétérogénéité des masques en tissu, aucun prix maximum n’a été fixé par l’Etat pour leur commercialisation. Selon leur capacité à être réutilisés, les masques « grand public » coûteront donc environ 2-3 euros (tarif annoncé par la plupart des enseignes de grande distribution) mais pourront grimper jusqu’à une dizaine d’euros…

Se procurer un masque en pharmacie

Depuis le début de la crise, les pharmacies ont bien sûr le droit de vendre des masques chirurgicaux… mais elles sont censées réserver leur (maigre) stock pour les professionnels du médical. Quant au masque « grand public », il est venu rejoindre la liste des produits correspondant au « champ d'activité professionnel » des officines grâce à un arrêté publié au Journal officiel le 26 avril. Depuis cette date, on peut donc théoriquement en acheter dans les pharmacies (« entre 2 et 5 euros en fonction de leur durée de vie » selon le site Service-public.fr). Sauf que vous risquez fort de repartir bredouille si vous tentez l’expérience. « Quelle que soit la catégorie de masques, les stocks sont très faibles en pharmacie aujourd'hui, donc les pharmaciens sont en train de passer des commandes », a expliqué Carine Wolf-Thal, présidente du Conseil national de l'Ordre des pharmaciens, sur Europe 1 le lundi 4 mai. « Certains sont déjà approvisionnés, mais d’autres ne le seront que courant du mois de mai. Il y a beaucoup de monde sur le marché, et la production n’est encore probablement pas à son maximum ». Un conseil donc : appelez votre pharmacien pour savoir s’il a du stock avant de vous déplacer inutilement…

Se procurer un masque en supermarché

Si les pharmacies ont vraisemblablement eu du mal à s’approvisionner en masques chirurgicaux, les enseignes de la grande distribution ont, elles, pu trouver des fournisseurs… A partir du 4 mai, selon un décompte effectué par Mediapart, « les enseignes Carrefour, Leclerc, Intermarché et Système U ont annoncé avoir commandé au total 515 millions de masques chirurgicaux, dont au moins 65 millions sont arrivés et seront mis en vente dès lundi ». Chez Intermarché, les porteurs de la carte de fidélité ont même pu réserver en avance leurs masques médicaux. Ceux-ci devraient être commercialisés aux alentours de 60 centimes pièce par les supermarchés, qui évoquent une vente à prix coûtant, c’est-à-dire sans marge.

Par ailleurs, les grandes et moyennes surfaces vont aussi vendre des masques en tissu, réutilisables. Leur prix devrait tourner aux alentours de 2 ou 3 euros pièce. Dans la plupart des enseignes, les masques ne seront pas en libre-service (mais disponibles en caisse ou en parapharmacie) et seront rationnés. A noter également : l'offre de masques n'est pas forcément disponible pour les courses en « drive ».

Vendu par lot de...QuotaPrix unitaireDisponibilitéMasque en tissu
Carrefour5 / 102 lots / client0,58 €En caisseA partir du 11 mai, à partir de 1 euro
Leclerc1 / 10-de 0,50 à 0,60 €A l'accueilA partir de mi-mai, entre 2 et 3 euros pièce
Super U10-0,58 €En caissePas dans tous les magasins au début
Casino501 lot / semaine / personne0,59 €En caissePas pour le moment
Franprix10 / 20 / 25 / 501 à 3 lots / client selon le lot choiside 0,60 à 0,69 €En arrière-caisseA partir du 11 mai, à 2,20 euros (ou 3,90 euros pour des « Armor Lux », fabriqués en France)
Intermarché50réservation nécessaire0,59 €Réservation préalableA partir de mi-mai
Monoprix10 / 501 lot / client0,60 € et 0,69 €En caisse, en parapharmacie ou à l'accueilPar lot de 2 masques lavables 10 fois (2 lots max par client), 4,40 euros
Lidl501 lot / client0,60 €En caisseDans quelques jours
Lidl (Paris et petite couronne)102 lot / client

Se procurer un masque chez votre buraliste

Le 23 avril, le gouvernement autorisait les buralistes à vendre des masques grand public. Du coup, la Confédération nationale des buralistes avait prévu que 2 millions de masques en tissu seraient livrés dans les tabac-presse de France, dès la semaine dernière. Mais les commandes mettent du temps à arriver. « Nous espérons les recevoir avant le 11 mai, explique Sandra Diniz-Salgado, présidente de la fédération des buralistes du Loiret, dans La République du Centre. « A priori, pour moi, ce sera le 7. Je les vendrai d’abord aux personnes à risques et celles qui travaillent. Je les ai commandés auprès d’entreprises du Loiret. Je tiens à faire travailler des locaux », précise-t-elle. Pour ceux qui ont déjà été livrés, le stock s’épuise à vitesse grand V. « En 2 heures, tout était vendu », explique ainsi un buraliste de Narbonne.

Comme pour les pharmacies, n’hésitez donc pas à appeler votre buraliste avant de vous déplacer. Il pourra vous indiquer une date de commercialisation pour éviter de vous casser le nez… Concernant le prix de ces masques en tissu, il sera là aussi très variable en fonction du nombre de réutilisations possibles. Comptez au minimum 4 ou 5 euros.

Bien utiliser et laver son masque en tissu

Le port du masque ne se substitue pas aux gestes barrière (lavage régulier des mains, toux dans son coude, utilisation de mouchoirs à usage unique, absence de serrage de mains ou d’embrassades, respect d’une distance d’un mètre avec les autres personnes…). Il vient compléter la protection de son porteur… sous réserve de bien l’utiliser et l’entretenir. Le ministère de la santé recommande de :

  • se laver les mains avec du savon ou du gel hydroalcoolique avant de mettre son masque ;
  • mettre son masque en tenant les lanières élastiques ;
  • bien couvrir son nez, sa bouche et son menton avec le masque ;
  • changer de masque régulièrement (au bout de 4h au maximum ; quand vous faites une pause pour manger ou boire ; si le masque s’humidifie ou est abîmé) ;
  • décrocher le masque par les lanières ;
  • le laver à la machine avec de la lessive, à 60° (il faut que le masque soit à 60° pendant au moins 30 minutes ; méfiez-vous donc des cycles trop courts, qui mettent du temps à atteindre 60°) ;
  • utiliser un sèche-cheveux pour sécher votre masque ou le laisser sécher à l’air libre sur une surface désinfectée.

Se procurer un masque auprès de votre entreprise

En vue du déconfinement, les entreprises ont pu bénéficier de différentes plateformes pour s’approvisionner et préparer le retour de leurs salariés dans les meilleures conditions possibles au bureau. Cdiscount Pro a par exemple lancé le 16 avril un dispositif de vente et de distribution en click & collect de masques chirurgicaux à destination des PME/TPE françaises. Le site de e-commerce a passé une commande de 60 millions de masques pour alimenter cette plateforme.

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Le 30 avril, le gouvernement a aussi (enfin) lancé une plateforme à destination des petites et moyennes entreprises, en collaboration avec la Poste : masques-pme.laposte.fr. Mais il est ici question de masques en tissu, réutilisables. Les entreprises comptant moins de 50 salariés peuvent acheter ce dont elles ont besoin dans un stock de 10 millions de masques lavables 20 fois. « Ils sont en textile à filtration garantie, composés à plus de 90% des particules d’une taille égale ou supérieure à 3 microns », précise le gouvernement.

Si les masques fournis par votre entreprise sont censés vous protéger sur le temps de travail, ils pourraient aussi vous permettre d’être « couverts » sur vos trajets aller-retour. N’hésitez donc pas à demander à votre patron un masque supplémentaire pour vos transports du matin et du soir.

Se procurer un masque auprès de votre mairie

Certaines municipalités ont prévu de fournir (gratuitement) des masques en tissu à leurs habitants. Le nombre de masques barrière par personne, la façon de les distribuer et l’agenda de leur fourniture diffèrent évidemment d’une commune à une autre. A titre d’exemple, Rennes Métropole a commandé 500 000 masques (la moitié pour les Rennais, l’autre moitié pour les habitants des autres villes de l’intercommunalité), réutilisables 15 à 20 fois. A Rennes donc, chaque foyer va recevoir un courrier lui indiquant à quel endroit et à quelle date retirer les précieuses protections. Un seul membre du foyer sera autorisé à venir chercher les masques, muni d’une pièce d’identité et d’un justificatif du nombre de personnes composant le foyer. La distribution débutera le 8 mai.

Vous pouvez donc vous renseigner auprès de votre mairie pour savoir si ce genre d’initiative est prévue dans votre commune.

Se procurer un masque auprès d'un réseau solidaire

Outre « l’appel à un ami » qui sait coudre (et qui pourrait ainsi vous fournir un masque en tissu), vous pouvez vous renseigner auprès des associations de votre territoire pour savoir si elles ont prévu la distribution gratuite de masques. Autre solution : se rendre sur la plateforme « Masque solidaire », lancée par l’écrivain-citoyen Alexandre Jardin. Celle-ci met en relation des donateurs de tissus, des couturier(e)s bénévoles et des réseaux de distribution, afin de proposer gratuitement des masques aux plus démunis et aux plus fragiles. En cliquant sur « Je recherche des masques barrière » puis sur votre département, un certain nombre de résultats s’afficheront (36 par exemple pour l’Ille-et-Vilaine ce lundi 4 mai) et vous pourrez contacter les bénévoles qui mettent à disposition des masques.