En atteignant jeudi le plancher historique de 2% pour son principal taux directeur, la BCE entend lutter contre le ralentissement de l’économie européenne. Écartant la menace de l’inflation, son président, Jean-Claude Trichet, prépare la zone Euro à une nouvelle baisse en mars mais exclut de descendre à un taux quasi-nul.

Avant la réunion des gouverneurs de la Banque centrale européenne (BCE) de jeudi, le suspense était bien présent sur la réalité de la nouvelle baisse des taux directeurs. Le président de la BCE, Jean-Claude Trichet, avait en effet évoqué l’idée de faire une pause après les trois baisses consécutives entre octobre et décembre. Mais les gouverneurs à l’unanimité ont choisi de baisser d’un demi-point le principal taux, le « refi », qui à 2% atteint son plus bas niveau historique.

« La zone Euro fait l’expérience d’un ralentissement significatif. (…) Le degré d’incertitude reste exceptionnellement élevé » a affirmé Jean-Claude Trichet, jeudi en conférence de presse. Dans ce contexte, la BCE a décidé de continuer à baisser ses taux en raison de « l’allègement significatif des pressions inflationnistes ».

Un écho à la récente publication d’un rapport sur l’économie de la zone Euro par l‘Organisation pour la coopération et le développement économique (OCDE). L’inflation, selon l’OCDE, chute fortement et devrait continuer dans cette voie. Son secrétaire général, Angel Gurria, a par ailleurs considéré mercredi 14 janvier que pour la zone euro, « le pire est à venir ».

Nouvelle baisse prévue en mars

Jean-Claude Trichet a d’ores et déjà déclaré : « Nous n’avons pas dit que (2%) était la limite et que nous ne bougerions plus. (…) Je ne dis pas que c’est le point le plus bas. » Le plancher historique devrait donc, au vu des perspectives économiques, être franchi.

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Le président de la BCE a bien fait comprendre que cette baisse devrait intervenir lors de la réunion du conseil des gouverneurs de mars plutôt que lors de celle de février : « Le prochain rendez-vous important pour la politique monétaire est la réunion de mars ».

Certains économistes envisagent une baisse qui établira alors le principal taux directeur à 1,50%

Trichet exclut un taux zéro

Lors d’un entretien diffusé ce vendredi à la télévision japonaise NHK, Jean-Claude Trichet a clairement déclaré qu’il excluait un taux zéro, comparable à ceux de la réserve fédérale américaine et de la banque centrale japonaise : « Si vous me demandez si nous pouvons aller jusqu’à zéro, je vous réponds : Non, nous n’irons pas ».