Jeudi dernier, la plateforme Lendix a envoyé une « lettre aux prêteurs Finsquare », site concurrent qu’elle a racheté au printemps dernier. L’objet : les prévenir de « situations délicates » concernant les remboursements en cours, avec de très nombreux impayés.

Avril 2016 : Lendix rachète Finsquare, plateforme de crowdlending qui « rassemble une communauté de 3.500 prêteurs actifs », pour 4 millions d’euros de prêts effectués depuis son lancement en décembre 2014. Aussitôt, Finsquare ne propose plus de projets, son site renvoyant vers celui du nouveau propriétaire.

Problème : le portefeuille de crédits financés via Finsquare s’avère plus poreux qu’annoncé à l’époque. « Officiellement, trois prêts étaient en défaut, c’est-à-dire présentaient au moins un retard de paiement », raconte « l’équipe Lendix » dans la lettre envoyée aux particuliers ayant prêtés sur Finsquare. « La réalité était un peu plus complexe, il y en avait en fait dix. » Sur 109 projets.

« Les assurances fonctionnent mal ! »

Depuis, le tableau s’est encore assombri, toujours à en croire le nouveau propriétaire : « Un an et demi après le financement des premiers prêts sur Finsquare, nous sommes désormais à 29 projets qui ont fait – à un moment ou à un autre – l’objet d’un incident de paiement. » Soit plus d’un quart des 109 projets.

En septembre 2015, la plateforme avait mis en place une assurance « indemnisant les prêteurs en cas de défaillance d’entreprises ». Mais elle n’a pas permis de couvrir les pertes des prêteurs-investisseurs : « Les assurances fonctionnent mal ! Dans le cas de Finsquare, elle n’a jamais fonctionné : il y avait toujours une clause d’exception », affirme Olivier Goy, fondateur de Lendix, contacté au sujet des défauts de paiement dans le crowdlending quelques jours avant l’envoi de cette lettre. Il en profite ainsi pour appuyer les choix réalisés sur sa plateforme, Lendix n’ayant pas opté pour une telle assurance.

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« On a uniquement racheté le fonds de commerce »

Ainsi, dans la lettre envoyée à l’ancienne communauté Finsquare, l’acquéreur met en avant sa méthode : « Lendix compte une équipe de onze professionnels du crédit dont deux sont dédiés au recouvrement. (…) La preuve que cette approche fonctionne ? En 4 mois, sur plus de 65 échéances impayées [sur les projets Finsquare] (pour un montant d’environ 170.000 euros), 27 ont été recouvrées pour plus de 95.000 euros. » Et Olivier Goy d’insister : « Nous nous battons bec et ongles sur le recouvrement. »

Reste que, dans la très stratégique bataille des incidents de remboursement affichés dans les statistiques des plateformes, les informations sur Finsquare ne sont plus accessibles publiquement suite au renvoi direct vers le site de Lendix. Et les défauts enregistrés sur Finsquare n’apparaissent pas dans les statistiques de Lendix. Olivier Goy assume : « On a uniquement racheté le fonds de commerce : nous ne voulons surtout pas mélanger les deux dans les statistiques ! Ce serait injuste pour Lendix. »

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