Le nouveau gouverneur de la Banque de France, François Villeroy de Galhau, a abordé à deux reprises cette semaine la question des rendements de l’assurance-vie et le développement de nouveaux supports. Sans surprise, il appelle à la baisse des taux sur les fonds en euros et fait la promotion de l’euro-croissance.

« L’épargne des Français, elle aussi, doit s’adapter aux taux bas. » Voilà l’une des grandes lignes du discours tenu par François Villeroy de Galhau, gouverneur de la Banque de France depuis le 1er novembre dernier, lors de ses vœux à la Place ce lundi. Il y voit une « opportunité » pour « encourager une épargne plus à risque et plus à long terme ».

François Villeroy de Galhau, qui siège aussi à la présidence du régulateur banque-assurance, l’ACPR, incite les assureurs à suivre une première « direction » : « poursuivre résolument la baisse des rendements de l’assurance vie investie en fonds euros ». Des termes plus forts que l’appel à la « prudence » et à la « poursuite des ajustements des rendements » du Haut conseil de stabilité financière, où siègent les présidents de l’AMF, de l’ACPR ou encore le ministre des Finances Michel Sapin.

Une invitation discrète à promouvoir l’euro-croissance

Seconde « direction » évoquée lundi par François Villeroy de Galhau : « le développement de produits nouveaux », « moins liquides sans doute, assortis ou non d’une protection en capital sur le long terme, et pouvant bénéficier du meilleur rendement des actions sur la durée ». S’il n’a pas cité l’assurance-vie euro-croissance, il semble faire référence à ces supports qui permettent de disposer d’une garantie partielle ou totale en capital à condition de maintenir son investissement pendant au moins 8 ans.

L’été dernier, alors qu’il n’avait pas encore été nommé à la tête de la Banque de France, François Villeroy de Galhau avait livré trois propositions au Premier ministre Manuel Valls pour relancer l’euro-croissance, « 3e pilier de l’assurance-vie » lancé en 2014 mais dont la collecte peine à décoller.

Lire à ce propos : Comment éviter l'échec de l'euro-croissance ?

Sa proposition de transférer certaines performances latentes (c’est-à-dire pas encore concrétisées) des fonds en euros vers les fonds euro-croissance a été retenue par le gouvernement, mais le décret encadrant ce transfert de plus-values latentes n’a pas encore été publié.

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Unités de compte : « éclairer » sur les risques

Lors des vœux à la Place, il a aussi jugé « essentiel d’éclairer pleinement chaque investisseur sur les risques » qu'il encourt. Avant de citer « deux exemples » de produits d'épargne risqués nécessitant ce travail de pédagogie : l'assurance-vie en unités de compte et les « financements désintermédiés », référence indirecte au crowdfunding.