Plan du site Rechercher

Epargne : faire un premier prêt aux PME pas à pas

  • Par
  • ,
Deux personnes s'échangeant un billet
© wronaavd - Fotolia.com

Aux côtés des livrets bancaires, de l’assurance-vie ou l’investissement boursier, la panoplie des produits d’épargne s’est récemment étoffée avec la multiplication de plateformes de financement participatif. Parmi elles, les plateformes de prêt aux PME offrent une promesse alléchante malgré le risque de perte en capital : choisir l’entreprise et le projet que l’on souhaite financer, tout en visant un taux d’intérêt tutoyant parfois les 10%. La démarche est-elle aussi simple que la promesse ? Le processus d’investissement, étape par étape.

S’inscrire pour évaluer les projets

Les plateformes de crowdlending (« prêt par la foule ») se présentent toutes de la même manière, avec un menu prêteur pour les particuliers qui souhaitent investir, et un menu emprunteur pour les entreprises. Sur Unilend, Lendix, Lendopolis, Finsquare, Lendosphere, Credit.fr, Prexem et Bolden, les huit principales plateformes (1), que nous avons examinées, les projets ouverts au financement apparaissent ainsi dès la page d’accueil ou dans le menu prêteur. Excepté sur Lendix, une présentation succincte de chaque PME emprunteuse et de son besoin de financement peuvent être consultés, toujours en libre accès. Envie d'en savoir plus, notamment sur leurs résultats financiers ? Il faut s’inscrire.

Pour cela, il suffit de renseigner nom, prénom et email, voire parfois une adresse postale, un numéro de téléphone, une date et une commune de naissance. Deux plateformes ont instauré un filtre supplémentaire. Unilend réclame dès l’inscription des coordonnées bancaires, des justificatifs d’identité et de domicile. Lendix soumet pour sa part les internautes à un rapide questionnaire de connaissance financière. Une fois l’inscription effectuée, les informations financières des entreprises (résultats récents, actif, passif, nombre de salariés, etc.) deviennent alors accessibles.

Créer un compte prêteur et l’alimenter

L’inscription engendre automatiquement la création d’un « compte prêteur ». Il s’agit d’un porte-monnaie dédié à vos opérations sur la plateforme, géré par un prestataire extérieur (2). Avant tout prêt, et même avant toute offre de financement, il faut donc alimenter ce compte par virement ou par carte bancaire. Pour le virement, la plupart des plateformes réclament une identification complète, en fournissant une pièce d’identité, un justificatif de domicile récent et un RIB.

Certaines plateformes proposent une alimentation par carte bancaire moins contraignante, avec une identification limitée. Dans ce cas, le montant du versement est toutefois restreint. Finsquare le limite par exemple à 200 euros. D’autres plateformes s’appuient sur la réglementation anti-blanchiment et fixent cette limite à 2.500 euros. Au-delà de ce seuil, des pièces justificatives (pièce d’identité et justificatif de domicile) sont là encore nécessaires.

Un premier prêt express (ou non)

Première ligne de démarcation entre les plateformes de crowdlending: certaines réclament une identification complète dès le tout premier prêt, quand d’autres proposent une démarche plus progressive, en ne réclamant des justificatifs qu’au-delà d’un certain montant. Selon les sites, il est possible de prêter à partir de 10, 20 ou 50 euros.

  • Prêt immédiat, avec un montant limité : Lendopolis, Finsquare, Credit.fr, Prexem et Bolden.
  • Identification complète nécessaire : Unilend, Lendix (3) et Lendosphere.

De l’argent indisponible une fois promis

Le projet est choisi ? L’internaute doit indiquer combien il souhaite prêter, et à quel taux s’il a le choix. Sitôt l’offre de financement validée, impossible de faire marche arrière. Sur les huit plateformes examinées, cet engagement est irrévocable.

Enchères ou taux unique ?

Seconde ligne de démarcation entre les sites de crowdlending : comment le taux d’intérêt est décidé. D’un côté un taux unique déterminé par la plateforme (parfois désigné « taux fixe »), de l’autre des taux fixés aux enchères, seuls les plus bas étant retenus. Première plateforme de prêt aux PME à s’être lancée, à l’automne 2013, Unilend a dès le départ pris le parti des enchères, les taux étant limités par des seuils plancher (4%) et plafond (10%). Finsquare fonctionne aujourd’hui sur le même principe, même si ce site propose parfois du taux mixte, mêlant « taux fixe » et enchères.

Les autres plateformes fixent elles-mêmes les taux, selon le degré de risque du projet. Lendosphere se permet parfois une entorse à ce principe en bonifiant le taux des prêteurs riverains de l’entreprise emprunteuse.

  • Enchères : Unilend et Finsquare.
  • Taux fixe : Lendix, Lendopolis, Lendosphere, Credit.fr, Prexem et Bolden.

Enchères : nombreuses mises au dernier moment

Les plateformes ayant opté pour le taux fixe plaident généralement pour la simplicité et la transparence. Nicolas Lesur, fondateur d’Unilend, estime pour sa part que les enchères, outre l’aspect ludique et potentiellement rentable pour le prêteur obtenant un taux élevé, « c’est aussi l’assurance pour l’emprunteur d’avoir le taux [global, NDLR] le plus bas possible ».

Testé par cBanque, ce principe provoque sans surprise une recrudescence des contributions lors des dernières heures des enchères et donc une baisse du taux moyen, certains épargnants essayant de positionner des offres au taux le plus haut possible dans la fourchette des financements retenus. Chez Unilend comme chez Finsquare, dans le cas où une enchère trop élevée n’est pas ou plus retenue, l’argent misé est remis à disposition et le prêteur peut se « repositionner ».

Attendre que la collecte soit bouclée

L’engagement est pris ? Reste à attendre la fin de la collecte. L’offre n’est validée qu’au moment où le montant du financement souhaité par l’entreprise emprunteuse est atteint. Dans le cas contraire, les fonds retournent sur les « comptes prêteurs ». Si la collecte est bouclée, le contrat est signé et l’entreprise reçoit les fonds dans les jours suivants. Le prêteur ne retrouvera son argent qu’au fil des remboursements, qui s’étalent sur 1 à 5 ans selon le projet choisi.

Voir la seconde partie : Premier prêt aux PME : contrat, intérêts et fiscalité pas à pas

(1) Plus de 30 plateformes sont actuellement sur les rangs du crowdlending-entreprise, la version prêt aux PME du crowdfunding. Ces huit sites se distinguent toutefois sur le terrain médiatique et en termes de montant financé. En ne se basant que sur le montant financé en 2015, la plateforme BlueBees aurait due être intégrée à ce panel mais cette plateforme se différencie par un positionnement spécifique (projets agricoles et alimentaires) et propose à la fois du prêt rémunéré et du don, ce qui rend la comparaison plus délicate.

(2) Les huit plateformes sondées travaillent avec Lemonway (établissement de paiement), S-money, Ingenico (établissements de monnaie électronique), ou la SFPMEI (prestataire de services de paiement pour Unilend, qui dispose d’un statut d’agent prestataire de services de paiement).

(3) Si Lendix réclame pour l’heure une identification complète avant toute offre de financement, le service communication de la plateforme affirme être en « pleine révision du processus technique » pour rendre possible l’investissement sans identification complète « très rapidement ».

Partager cet article :

© cbanque.com / BL avec MdB et Frédéric VERGNE / Novembre 2015

https://www.moneyvox.fr/actu/MoneyVox