C’est entre 40 et 45 ans que les ménages français se sentent le moins à l’aise financièrement, selon le constat posé par l’Insee dans son « Portrait social de la France » 2015.

« Dans les premières décennies de la vie adulte, les contraintes financières s’accentuent et c’est entre 40 et 45 ans que les ménages se sentent le moins à l’aise financièrement » constatent les auteures de l’étude publiée par l’Institut national de la statistique et des études économiques (1). « A cet âge intermédiaire, les revenus sont à leur maximum, mais la consommation l’est aussi. »

Dans le détail, le sentiment d’aisance financière chute entre 20 et 24 ans, âge de l’émancipation. Il se stabilise entre 25 et 40 ans, puis chute à nouveau pour atteindre un plus-bas entre 40 et 44 ans, lorsqu’une large part des ménages cumulent remboursement de leur résidence principale et financement des études de leurs enfants.

La courbe s’inverse ensuite, et progresse nettement jusqu’à l’âge de 74 ans, où ce sentiment atteint son apogée, avant de reculer à partir de 75 ans. Même « le passage à la retraite ne semble donc pas enrayer le processus d’amélioration de l’opinion des ménages sur leur situation financière, au contraire », constate l’étude. « De fait, le ménage a pu se constituer un patrimoine durant sa vie active et, par ailleurs, avec le passage à la retraite, il modifie ses aspirations et restructure ses dépenses de consommation de sorte que l’équilibre budgétaire est préservé à la fin du cycle de vie. »

Un sentiment d’aisance financière stable depuis 40 ans

Malgré les changements dans le contexte économique, l’Insee remarque également que « l’opinion des ménages sur leur situation financière est restée remarquablement stable depuis 1979 » : ils sont 39 % en 2011 à se sentir à l’aise, contre 44% en 1979, 38% en 1989 et 43% en 2001.

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Toutefois, lorsqu’elles détaillent ces chiffres en fonction du niveau de diplôme de la personne de référence au sein du foyer, les auteures de l’étude constatent en fait une dégradation du sentiment d’aisance : plus un diplômé du supérieur est jeune, par exemple, et moins il a de chances de se sentir à l’aise financièrement. Cette stabilité est donc en trompe-l’œil, conséquence de la hausse générale du niveau de diplôme de la population française, plutôt que du maintien des conditions de vie.

(1) L’étude, intitulée « Le sentiment d’aisance financière des ménages : stable au fil des générations, mais fluctuant au cours de la vie », est signée par Elodie Kranklader et Amandine Schreiber. Elle s’appuie sur les enquêtes « Budget de famille », menées tous les 5 ans depuis 1979 et dont la dernière vague date de 2011.