Natixis AM est sous le coup d'une enquête du gendarme boursier français, selon des informations de Mediapart, qui évoque des commissions occultes sur certains produits financiers, ce que la société de gestion d'actifs conteste.

Dans un article publié mardi soir, Mediapart révèle que l'Autorité des marchés financiers (AMF) mène actuellement une enquête portant sur certaines pratiques de la société de gestion, un poids lourd du marché français et filiale de la banque Natixis, elle-même appartenant au groupe BPCE. Interrogée par l'AFP, l'AMF n'a pas souhaité faire de commentaires.

L'affaire débute à l'été 2014, selon Mediapart, quand la banque Credit Suisse découvre des irrégularités dans des transactions avec Natixis AM, qui aurait réalisé des marges en demandant au groupe suisse de surcoter certains produits financiers complexes (produits structurés) et de lui transférer les gains. Dans un mail adressé à l'AFP, qui reprend les éléments adressés à Mediapart, la société de gestion indique que « la direction de Natixis n'a pas laissé sans suite l'alerte effectuée par Credit Suisse et des sanctions ont bien été prises à l'encontre des personnels concernés ».

Surtout, cette affaire avec Credit Suisse a pris de l'ampleur et a conduit l'AMF à lancer une enquête portant sur de possibles « marges cachées », selon le journal, sur des fonds à formule, commercialisés auprès de particuliers. En souscrivant à ces fonds, le particulier voit son capital garanti, mais peut également espérer du rendement grâce à des placements plus risqués. Natixis AM prélève de son côté des frais sur ces fonds mais aurait réalisé des marges trop importantes, sans que les souscripteurs profitent de ces rémunérations excédentaires, selon le journal.

Une cagnotte de 100 millions d'euros

La société a précisé dans son mail adressé à l'AFP que les clients n'ont « pas subi de préjudice », réfutant l'existence de « commissions occultes ». Natixis AM explique que ces produits nécessitent « d'allouer une partie des frais de gestion à la prise en charge de risques susceptibles de survenir durant toute leur durée de vie ». La société de gestion précise même avoir informé l'AMF « après avoir diligenté un audit externe ».

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Selon Mediapart, une cagnotte de 100 millions d'euros aurait pu être constituée depuis 2008, sachant que près de 7 milliards d'euros sont gérés à travers ces fonds. Un rapport de l'inspection générale de BPCE, cité par le journal, établit lui le montant à 62 millions d'euros. Cette somme serait ainsi venue gonfler les résultats de la société de gestion et donc in fine la rémunération de ses responsables, estime Mediapart.

Enfin, Natixis AM confirme avoir licencié son responsable des risques depuis 2007 « pour comportement inapproprié et incompatible avec les responsabilités inhérentes à ses fonctions ». Mediapart indique quant à lui, en citant la CGT, que ce responsable aurait au contraire sonné l'alerte et informé les dirigeants de ces pratiques.