Après avoir culminé à 12,2 millions en 2010 et 2011, le nombre de « comptes de porteurs d’épargne salariale » est depuis retombé à 11 millions en 2013. Et le nombre de bénéficiaires n’a pas progressé en 2014 selon le bilan annuel du secteur. Ainsi, si le montant des actifs en épargne salariale continue de progresser grâce aux marchés, la collecte ne suit plus.

Les actifs en épargne salariale se portent bien : après avoir dépassé le cap des 100 milliards d’euros, ils s’approchent des 110, à 109,9 milliards au 31 décembre 2014. Mais cette bonne santé apparente, due « essentiellement » à la « bonne tenue des marchés » comme le reconnaît l’association française de la gestion financière (AFG), cache un attrait de plus en plus faible pour ces dispositifs. Si la décollecte enregistrée en 2013 s’expliquait par le déblocage exceptionnel voulu par François Hollande, les versements ont été très légèrement supérieurs aux rachats en 2014 : la collecte nette n’est que de 200 millions d’euros, contre 500 millions en 2012 ou 2,1 milliards en 2011.

La stagnation des dispositifs d’épargne salariale est encore plus criante lorsque l’on s’intéresse au nombre de salariés bénéficiaires. Après avoir indiqué un nombre de comptes de porteurs de 12,2 millions à la fin 2010 comme à la fin 2011, l’AFG s’est faite de plus en plus discrète sur l’évolution de cette statistique, se contentant d’évoquer une stabilité, tout en parlant de 12 millions de porteurs fin 2012, de « plus de 11 millions » fin 2013 et de « près de 11 millions » au 31 décembre 2014. Si l’AFG se montre floue sur cette statistique, le recul du nombre de bénéficiaires apparaît acté.

Paradoxalement, le nombre d’entreprises disposant d’un plan d’épargne salariale progresse de 3% en 2014 et de façon relativement constante depuis plus de 10 ans : 288.000 entreprises sont équipées d’un dispositif. La stagnation du nombre de porteurs légitime toutefois les ajustements actuellement en discussion au Parlement.

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Parmi les données livrées à l’occasion de ce bilan annuel, l’AFG évoque les principaux cas de déblocage anticipé : la cessation du contrat de travail et l’achat de la résidence principale sont de loin les motifs légaux les plus courants.

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Un marché dominé par Natixis et le Crédit Agricole

L’association des gestionnaires de portefeuille publie par ailleurs des statistiques sur les entreprises du secteur. En termes de tenue de compte en épargne salariale, Natixis Interépargne reste en tête devant le Crédit Agricole, le CM-CIC ES complétant le podium mais avec près de trois fois moins de comptes en gestion que Natixis Interépargne. Côté gestion d’actifs, les sociétés sont différentes mais ce sont les mêmes groupes qui dominent : Amundi (groupe Crédit Agricole) est très largement en tête, devant Natixis AM (groupe BPCE), BNP PIP et CM-CIC AM.