La BCE qui active la planche à billets pour éviter la déflation ; les taux fixes immobiliers en débat ; la débâcle du Livret A et le PEL qui va baisser. Retour sur les informations qu’il ne fallait pas rater cette semaine sur cBanque.

La BCE sort la planche à billets

François Hollande avait vendu la mèche dès lundi, la confirmation est venue jeudi, par la voix de Mario Draghi : pour la première fois de son histoire, la Banque centrale européenne va racheter des titres de dette, privée mais aussi d’Etats de la zone euro, dans le cadre d’un programme dit « d’assouplissement quantitatif ». Des rachats qui s’annoncent massifs : l’institution va y consacrer 60 milliards d’euros par mois, à compter de mars 2015 et au moins jusqu’en septembre 2016. Soit un effort global de plus de 1.000 milliards d’euros.

Dans le même temps, elle maintient ses principaux taux directeurs à leur plus bas niveau historique (0,05% pour le principal) et abaisse à nouveau (à 0,05% également, contre 0,15% auparavant) le taux de ses prêts géants, dits « TLTRO », au secteur bancaire. Ce qui revient à dire que les banques peuvent désormais se refinancer à long-terme quasi-gratuitement auprès de la BCE.

Pourquoi Mario Draghi décide-t-il maintenant de faire tourner la planche à billets ? L’idée germait depuis longtemps, mais soulevait jusqu’ici l’hostilité de l’Allemagne, qui a d’ailleurs appelé dès l’annonce de la BCE à ne pas « dévier du chemin des réformes ». Mais après le passage en négatif de l’inflation en zone euro en décembre (-0,2%) et face au spectre de la déflation - une baisse des prix conjuguée à une baisse de la demande et donc à une réduction de l’activité économique - la Banque centrale européenne n’avait plus vraiment le choix : il fallait injecter des liquidités dans le système financier de l’UE pour espérer relancer la croissance. Conséquence immédiate d’ailleurs : l’euro a encore fortement chuté face au dollar, un phénomène de nature à améliorer mécaniquement la compétitivité des entreprises de la zone euro par rapport au reste du monde.

Crédit immobilier : faut-il renoncer aux taux fixes ?

Quel impact aura la décision de la BCE sur les taux de crédits immobiliers en France ? Elle est logiquement de nature à entraîner une nouvelle baisse… Mais les taux en France, qui sont restés stables en janvier, sont déjà tellement bas que son impact devrait rester limité.

Dans ce contexte, une question commence à se poser : la pratique quasi-généralisée des taux fixes en France ne fait-elle pas courir un risque aux banques en cas de brusque remontée des taux du marché ? Récemment, le Comité de Bâle, qui fixe les principes de régulation du secteur bancaire, a encouragé les banques à privilégier les taux variables, qui permettent de reporter une partie du risque sur les emprunteurs. Une évolution improbable et qui aurait un « effet dévastateur », estime le courtier Jérôme Robin.

Annus horribilis pour le Livret A

Gros gadin pour le Livret A : selon les chiffres publiés mercredi par la Caisse des dépôts, les retraits ont dépassé les dépôts de plus de 6 milliards d’euros sur l’ensemble de l’année 2014. Un phénomène à relativiser - la collecte 2013 avait été de plus de 12 milliards d’euros - mais qui dénote une désaffection certaine des Français, refroidis par une rémunération historiquement basse (1% net depuis le 1er août).

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On le sait, le Livret A a été provisoirement remplacé dans le cœur des Français par le Plan épargne logement qui, lui, a connu une année faste, avec une collecte nette de plus de 11 milliards d’euros de janvier à octobre 2014. Peut-être plus pour très longtemps : le gouvernement va en effet ramener son rendement à 2% (1,69% net), contre 2,50% actuellement, le 1er février. A la satisfaction de banques, qui auraient même aimé que Bercy aille plus loin, mais au grand dam des épargnants, à qui il ne reste plus que quelques jours pour profiter d’un PEL à 2,50%.

Assurance-vie : des annonces de rendement à la pelle

La saison des annonces de rendement des fonds euros continue de battre son plein. Avec, au programme cette semaine, quelques poids lourds.

Côté banques, BNP Paribas (Cardif), la Société Générale (Oradéa Vie) et la Caisse d’Epargne (CNP) ont tous annoncé des taux assez nettement inférieurs à 3%. Côté assurance-vie en ligne, c’est un peu mieux. Chez Generali (et sa filiale internet E-cie Vie), le fonds Eurossima atteint 2,97% et Netissima 3,23%. Chez Suravenir, filiale du Crédit Mutuel Arkéa, le fonds Rendement rapporte 3,22% et Opportunités 3,85%.

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